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Lundi 21 mai 2007 1 21 /05 /Mai /2007 10:54

Jusqu'ici, le sport résumait joliment ma vie extra-professionnelle. On peut dire que 99% de mes loisirs gravitaient et gravitent autour du sport. Mais je n'aurais pas imaginé que cela puisse un jour aller jusqu'à m'offrir de nouveaux horizons dans la vie professionnelle!

En 2008, j'aurais fêter mes 20 ans de service aux CFF! Et oui, même les jeunes vieillisses...Mais ceci n'a pas pu avoir lieu car je n'ai pas attendu ce nombre symbolique puisque depuis le 1er janvier 2008, j'ai changé complètement d'orientation professionnelle.

 

Dans le sport? En quelque sorte et naturellement pas comme sportif d'élite... mais en qualité de graveur sur étains, et de vente de challenges, coupes, médailles et trophées.

 

Souvent on me pose la question: "mais savais-tu graver ?" Et bien comme toute chose cela s'apprend biensûr et durant plus d'un an,  je suis allé  travailler avec l'ancien propriétaire du Challenge d'Or au boulevard James-Fazy.

 

Depuis, le janvier 2008, ma femme et moi-même avons donc repris cette petite entreprise et nous l'avons fais évoluer pour satisfaire une clientèle toujours plus exigeante. Naturellement, côté sport de compétition, cela va être une toute autre affaire...Je me suis contenté de garder la ligne. (J'ai déjà perdu celle des CFF...)

 

En 2010, nous avons déménagé les locaux de l'entreprise dans une arcade plus lumineuse et plus grande que nous avons pu agencer à nos goûts. Ces nouveaux locaux nous ont permis d'avoir la possibilité de travailler seul car le magasin et l'atelier se situent de plein pied contrairement au Bd James-Fazy où nous étions sur 2 étages.

 

C'est avec plaisir que nous vous accueillerons Au Challenge d'Or afin de répondre à vos attentes. Notre site www.auchallengedor.ch.

 

 

Par Olivier Marchon - Publié dans : lifeisrun
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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /Mai /2007 06:26

A peine sur le chemin du retour du marathon de Rotterdam, toute l'équipe se motivait déjà pour le marathon de Genève dans le train qui nous conduisait de Rotterdam à Bruxelles où notre avion nous attendait. Cela me permettait également de mieux digérer ma déception après mon abandon mais les choses n'allaient pas être aussi facile que je pouvais le penser.

En effet, il y a toujours une raison pour justifier une contre-performance seulement certaines sont plus anodines que d'autres. Après le marathon de Rotterdam, mon abandon était pour ainsi dire le résultat d'une météo beaucoup trop estivale (27 degré au départ) et une mauvaise gestion de l'effort lors de la première partie de la course. Mais j'étais loin de me douter que cela n'était qu'une pointe de l'iceberg...

Après une semaine très légère afin de retrouver le jus nécessaire pour accomplir une nouvelle tentative, j'allais m'aligner sur la course du coteau de Bernex dans le but de faire un entrainement rapide mais cette séance allait devenir un enfer. Pas de force pour me battre sur ce parcours très exigeant sous la chaleur accablante, la course a eu au moins l'avantage de pousser mon investigation sur mon état physique.

Je décidais dès lors d'aller faire une prise de sang pour voir s'il n'y avait pas qqch d'anormale. Le verdict était sans appel, plus de vitamine B1 - B6 et B12 et un manque de magnésium important. Mon taux d'hématocrite s'élèvera même à 51%!! Avec un tel taux je n'aurais pas pu prendre le départ du tour de France... Le médecin me prescrira une perfusion de vitamine B1-B6 et B12, cette dernière étant importante pour fixer le magnésium. J'ai dû également prendre du magnésium et de l'acide follique pour me remettre à flot. Certainement les conséquences de charge d'entraînement importante, de stress, les horaires irréguliers etc... et le tout sans n'avoir jamais pris de complément alimentaire.

Une semaine plutard, je ressentais une nette amélioration. Le week-end avant le marathon, je me suis rendu au 20 km de Lausanne afin d'encourager mon ami Julien qui s'alignait sur le 10 km. Cela m'a également permis de faire une séance de 5 km à allure marathon dans un contexte de course en m'infiltrant dans le peloton.  Cette séance m'a redonné goût et espoir pour mon prochain objectif, le marathon de Genève.

Dernière semaine d'entraînement, les sensations de "peps" reviennent et la chaleur étouffante a fait place à une saison de mousson. Le lundi,  prévoyait encore une séance de 5km à allure marathon que j'effectuerais sous la pluie et même la grêle! De super sensation, le moral est au beau fixe après cette séance à 16,7 km/h et 154 puls de moyenne. Malheureusement, le lendemain et sans raison aucune, j'ai ressentis une douleur violente sur le pubis et sur les tendons intérieur de la cuisse droite. Comment se fait-il que j'aie une telle douleur alors que la veille tout allait si bien? J'ai pris immédiatement rendez-vous chez l'ostéo car le délai est très court avant le marathon...

Durant la séance, Stephane mon ostéo a demandé également l'avis du Dr Finn Malher de la médecine du sport de l'hôpital de La Tour. Les nouvelles n'étaient pas rassurantes; pubalgie aiguë. Selon le docteur Mahler, j'avais 10% de chance de pouvoir courir dimanche. J'étais dépité, mais je me suis accroché ce mince espoir. Repos total durant 3 jours avec prise d'anti-inflammatoire.

C'était vraiment rageant car j'étais très motivé de prendre le départ du marathon dans mon jardin. Mais le sport s'est malheureusement aussi des imprévus...

Malheureusement, le vendredi, après 3 jours de repos total, la douleur était toujours là. Après ce constat, j'ai décidé de m'accorder encore un jour supplémentaire de repos, d'ailleurs je n'ai pas le choix. Je suis un peu démoralisé mais mes amis ont trouvé les mots pour me donner espoir.

Samedi a été le jour de l'heure de vérité, celle qui devait me donner le verdict. J'ai attendu la fin d'après-midi pour bénéficier encore de quelques heures supplémentaires de repos avant de m'élancer pour un petit footing de 30 min. très lent. Je n'ai pas ressentis une douleur mais plutôt une sorte de gêne, un manque de mobilité de la jambe droite. C'était normal, l'inactivité de la semaine avait endolori les muscles. Après une quinzaine de minute la foulée était déjà plus facile et je ne ressentais pas grand chose sauf si je mettais plus d'appui sur la jambe droite. Je me suis contenté de courir léger sans forcer. Arrivé à la maison, j'étais rassuré mais je ne voulais pas encore m'emballer sur ce constat rassurant. Je préfèrais attendre une heure ou deux avant de prendre la décision car sous l'effet des muscles chauds, les blessures peuvent disparaître momentanément. Cependant, le soir, j'ai continué à préparer mes affaires comme si le départ était programmé. Quelques heures plutard, je constatais que la blessure n'avait  pas empiré. Dès lors, ma décision était prise, je prendrai le départ du marathon pour en finir avec cette épée de Damoclès sur ma tête...

Le lendemain matin, le temps était idéal, les rayons du soleil transpersaient les derniers nuages venu lâchés toutes leurs larmes la veille. La température était excellente et mes sensations étaient bonnes. J'étais confiant et surtout je ne m'étais jamais autant réjouis de prendre un départ depuis longtemps.

 Je suis partis en courant depuis chez moi distant d'environ 2 km du départ, idéal pour une mise en action de la machine à des heures aussi matinales.

Dans le bloc élite, je me suis retrouvé au côté de Kenyan, Nord Africain, Ethiopien et une poignée de Genevois comme Philippe Dard, Julien Gantenbein mon compagnon d'entraînement et Pierre-Alain Frossard.

 

 

 

 

 

 

 

J'ai pris un départ prudent et je suis resté dans un petit groupe formé de PA Frossard, Joseph Bago, Jo Koster qui fesait le relais avec sa femme, Didier Carloz et Gérard Bagnoud en nette progression ces derniers temps et qui m'avait battu deux semaines auparavant à Bernex.

 

 

 

 

 

Quand à Philippe Dard, fidèle à ses habitudes, il est parti seul pour tenter de descendre sous les 2h30. Juien quant à lui n'a pas, à mon avis, usé de la bonne stratégie en début de course puisqu'il a préféré nous faussé compagnie dès le deuxième kilomètre pour nous prendre finalement qu'une cinquantaine de mètre durant les 12 premiers kilomètres environ. Il a dû lutter seul face au vent sur les quais de Cologny. Après avoir perdu quelques coureurs comme Carloz et Bagnoud, les rescapés sont finalement revenu sur Julien pour formé un petit groupe de 5 entre le 12ème et le 19ème kilomètre. A l'amorce de la route des jeunes, on ne voyait même pas Philippe Dard sur cette très

longue ligne droite. Il comptait deux minutes d'avance au passage du semi-marathon sur notre petit groupe. Quant à moi je me suis laissé décrocher sur la route des jeunes, le rythme me paraissait un peu trop rapide pour moi. Je me suis retrouvé dès lors, seul jusqu'à l'arrivée soit durant  22km... Je suis passé le semi-marathon en 1h16'08'' soit 1'10'' plus vite que mes temps de référence, mes impression étaient bien fondées. Quoiqu'il en soit, j'avais décidé d'adapter ma course aux circonstances stratégiques et météorologiques, le but était cette fois-ci de terminer dans un temps honorable, soit entre 2h35 et 2h40. Le petit groupe devant moi allait également voler en éclat sous l'impulsion de Jo Koster qui terminait son périple au 30ème kilomètre (fin du premier relais) et de Joseph Bago dans une forme extraordinaire.

Les kilomètres s'enchainaient, le moral était toujours là mais le deuxième aller-retour sur les quais de Cologny ont été difficiles. Premièrement le kilomètrage commencait à se faire sentir, le thermomètre grimpait gentiment mais la foule de coureur du semi-marathon qu'on rattrapait prennait toute la largeur de la route. Il a fallu quelques peu se faufiler, slalomer, s'engueuler, j'ai perdu un peu d'influ dans l'aventure tout comme mes autres adversaires du marathon. Ce sera d'ailleurs le seul point négatif de l'organisation à mes yeux.

Que j'avais hâte d'être à nouveau au Jardin Anglais, afin de quitter ce long serpent de semi-marathonien pour retrouver un peu plus de calme. Ces derniers devaient continuer sur la rue du Rhône alors que moi j'allais bifurquer en direction de l'arrivée par le pont du Mont-Blanc. Au 32ème kilomètre je comptais 29 secondes de retard sur mon ami Julien qui luttait devant moi, 47'' sur PA Frossard et 2'50'' sur Philippe Dard qui commençait sérieusement à flancher et dont il voyait revenir comme un boulet de canon, l'étonnant Joseph Bago. Moi je n'avais qu'une idée en tête, finir se fichu marathon...

Je sentais bien que mon rythme avait nettement fléchi depuis le 28ème kilomètre mais néanmoins je n'allais pas connaître le mur du 30ème. Les jambes étaient certes lourdes mais je continuais mon petit bonhomme de chemin. Je passais devant l'arrivée alors que Tarcis Ançay terminait sa course en 2h23'. Je me disait qu'il fallait encore faire la petite boucle de 2,5 km jusqu'à la Perle du Lac, une distance inhumaine....que j'avais hâte d'en terminer. Mais pour m'aider à surmonter cette difficulté et la montée sur le carrefour de l'avenue de France, je me réconfortais en pensant combien cela devait être dur lors de la première édition quand les coureurs devaient aller jusqu'à Chambésy!

 

J'avais l'impression de plus avancer mais à ma grande surprise, je pouvais constater que d'autres étaient dans une situation encore plus critique. Je pouvais distinguer à environ 300 mètre devant moi plusieurs coureurs. Si je n'étais pas surpris de voir Julien, je l'étais en revanche plus pour PA Frossard victime de crampes, pour le Kényan Tanui et Philippe Dard! Cela me motivera de terminer fort la course. J'allongerai ma foulée avec l'objectif  de m'approcher aux maximum de ces déserteurs genevois.

PA Frossard repartira à 300 mètre de la ligne d'arrivée juste 50 mètre devant moi et tentera de résister en allongeant sa foulée mais je lancerai un sprint de plus de 200 mètre pour le dépasser à 50 mètre de la ligne. Les crampes auront raison de ses dernières volontés.

En conclusion, les genevois ont tous couru individuellement pour finalement terminer quasiment ensemble puisque ormis Joseph Bago qui terminera sont marathon dans un temps extraordinaire de 2h32'50'', Philippe Dard terminera en 2h38'27'', Julien Gantenbein 2h38'53'', Olivier Marchon 2h39'04'', PA Frossard 2h39'15'' et Gérard Bagnoud 2h39'53''.

Me voilà enfin marathonien...enfin le mot est un peu présemptueux quand je pense que Julien du haut de ses 26 ans a terminé sont 11ème marathon! Je me demandais quel plaisir pouvait-on en retirer? Certe, lorsque vous franchissez la ligne d'arrivée vous êtes super content de vous, mais le plaisir n'est-il pas trop éphèmère  en comparaison des nombreuses et difficiles heures d'entraînement et des kilomètres de souffrance durant la course? Question à poser à un spécialiste du mazochisme...

Je conclurai néanmoins cette riche expérience en remerciant des personnes chers qui m'ont soutenu, préparé, encouragé et supporté dans les deux sens du terme à savoir:

Olivier Baldacchino   Coach chez Perform CBS pour sa prépararation, sa disponibilité et ses solutioins apportées à tous les problèmes liées à la préparation ainsi que toute l'équipe de Perfom

Carole Lauk  Présidente de l'association courir ensemble et qui m'a accompagné à Rotterdam et soutenu lors de notre préparation.

A ma femme qui m'a supporté et laissé m'entraîner plus de 10h par semaine parfois...

A mes enfants qui m'ont encouragé et soutenu dans cette préparation

A mon papa qui m'a accompagné durant tout le marathon

A ma maman pour ses encouragements et venues me soutenir durant cette magnifique journée du 6 mai

A David et Julien pour les supers moments passés ensemble à sillonner les différents parcours d'entraînement

Et petite pensée également à Philipe Legrand pour ses quelques précieux petits conseils

Et tout les autres que je ne pourrai nommer car la liste serait trop longue, qui m'ont témoigné leur soutient, leur sympathie et qui a largement contribué à me permettre d'aboutir a ce but ultime.

Merciements aux photographes pour les différentes photos:

Genève-Marathon Photos: 1,3,5,6,19,20,21

Bertrand Würsch Photos: 2,4,8,9,10,11,14,15,

P.-A. Finello Photos: 7,12,13,16,17,18

Merci à vous tous

Par Olivier Marchon - Publié dans : lifeisrun
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Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 05:28

Lors du tournage du documentaire fiction "Les champions d'Olympie", la production m'avait donné l'image d'un marathonien "accompli" alors que j'affichais aucune participation sur la distance...Certe à leurs yeux, un coureur de semi-marathon en comparaison des sprinters s'apparentait bien à un marathonien mais pour le coureur passionné et averti que je suis, je sais qu'il y a bien un fossé dans la préparation et l'approche d'une telle compétition.

Alors afin de remettre l'église ou milieu du village, j'ai décidé de me lancer pour mon premier marathon. Sachant l'investissement et les sacrifices que cela comportaient, je voulais trouver un marathon "rapide", pas trop loin, avec une forte participation et une facilité pour s'inscrire. Mon choix s'est porté sur le marathon de Rotterdam qui a lieu le dimanche 15 avril 2007.

J'accompagnerai mon ami Julien Gantenbein toujours à la recherche des moins de 2h30 sur la distance lui qui compte déjà 9 marathons à son actif à 24 ans! Plus vieux de 10 ans que lui et 19 ans d'expérience en plus dans cette discipline, j'aurai néanmoins la position de "débutant" par rapport à lui. Un autre ami du club, David, se joindra à notre follie durant cette saison.

Afin de mettre toutes les chances de mon côté, je m'attacherai des services d'Olivier Baldacchino, coach et entraîneur chez Perform-cbs et également parrain de courirensemble tout comme moi et qui avait déjà recruter Julien Gantenbein. M'entraînant plus de 2 fois par semaine avec Julien, il était plus simple de suivre les mêmes entraînements que lui.

Les premiers plans d'entraînement ont été facile à suivre tant en charge qu'en qualité mais la suite s'averera beaucoup plus corsé. Certaines semaines s'avereront monotones, dures et au kilométrage jamais fait jusqu'ici en une semaine en 28 ans de course à pied.

Des semaines à 140 km avec même des piques à 152 km en 8 séances dont 1 jour de repos et 2 jours doublés! La pluie, le vent de certain jour nous ferons faire des séances bien en dessous des temps planifiés. Doutes et démotivation vont s'installer mais notre force de caractère nous permettra de faire abstraction de tout cela et de persévérer. Et la délivrance aura lieu durant la course Reusslauf à Bremgarten, véritable premier test de la saison. Je terminerai devant Julien et serai crédité d'un temps de 34'12'' pour les 10km500 sur un parcours légèrement valloné. Ce temps me vaudra un 14e temps scratch et 6ème de la catégorie remporté par un certain Christian Belz avec un nouveau record en 31'08''. Après analyse de mon temps, je constate que ma moyenne horaire était de 18,400 km/h alors qu'à certaine sortie je n'arrivais même pas à maintenir le 16,5 km/h pour les séances de résistance douce. Je retrouve à nouveau le goût de m'entraîner et nourri un bon espoir pour le semi-marathon de Paris du 11 mars. Pour vous dire à quelle point cela a oppéré un changement d'état d'esprit, j'affichais l'ambition d'obtenir difficilement le temps de 1h14 au semi-marathon alors que j'ai l'espoir aujourd'hui d'approcher les 1h11 ce qui me permettrait également de battre mon record de 1998 également à Paris dans le temps de 1h11'57''.

Mais j'essaye de ne pas me faire de plan et de profiter au max. de la forme ascendante. La semaine qui suivit la Reusslauf, j'avais le jeudi une grosse séance que j'appréhendais, 23 km dont 4x3000m à 17,5 km/h avec 900m de récup active. Et bien, je ferai même mieux, avec des moyennes à 17,76 et ceci toujours dans la fourchette de pulsation imposée par le coach et qui ont été déterminées avec les deux tests effort de cet hiver.

Actuellement, la forme est ascendante et j'espère juste qu'elle va durer jusqu'à Rotterdam afin qu'elle me permet d'atteindre mon objectif, celui de terminer en moins de 2h35'.

Quelques jours se sont écoulés et me voici de retour de Paris avec mes trois compères. Un week-end formidable au niveau météo, performance et organisation. Julien, David et moi-même sommes partis à Paris en TGV samedi matin. Arrivé sur place, nous nous sommes rendus au Parc Floral dans le 12ème arrondissement en face du Chateau de Vincennes afin de retirer nos dossards. Nous avons également pris notre pique-nique sur un banc en face des fortifications du Chateau en profitant du temps magnifique. Après avoir récupéré notre sézame pour le dimanche, nous avons repris le RER pour traverser la ville afin de nous rendre chez notre ami Philippe qui nous a gentiment proposé de nous hébergé pour le week-end. Je leur avait un peu parlé de Philippe, qu'il était il y a quelques années un bon coureur, mais ils étaient loin de s'imaginer de la pointure de l'athlète! Après avoir pris le repas en commun, nous avons eu le plaisir de voir quelques fotos de Philippe dans les courses et quelle surprise de le voir en compagnie du Finlandais Lasse Viren lors des championnats du monde d'athlétisme ou encore au côté d'un certain Mamede le portuguais détenteur du record du monde du 10000m dans les années 80. Du pur plaisir à savourer ses images pour des passionnés comme nous au côté d'un personnage généreux, attentionné et terriblement modeste.

Julien et moi avions le privilège de partir avec l'élite le lendemain car nous avions des performances équivalent à peu près à 1h10min. au semi marathon. Même si nous avions un petit sentiment de faire partie de l'élite, nous n'étions vraiment que de pur touriste en comparaison des performances de notre ami Philippe (1h05' au semi 2h16' au marathon, 28'44'' au 10'000m, 13'35'' au 5000m).

Néanmoins, ce n'est pas parce qu'on est pas des Kenyans dans les perfs que nous n'avons pas de plaisir à établir des performances tels que les notres.

Donc le dimanche, nous nous sommes levés à 6h40 pour emballé nos affaires, prendre notre déjeuner et dessiné quelques petits drapeaux suisses sur notre peau pâlotte...

Sous un soleil radieux, nous nous élancerons sous le coup des 10h avec 19000 concurrents à nos trousses. Nos prendront un bon départ et afficheront un temps de 3'10'' pour le premier km. Au second kilomètre parcouru en 3'17'', les groupes commençaient déjà à prendre forme et j'emmènerai jusqu'au 8ème  kilomètre mon ami Julien et deux autres coureurs. Nous passerons le 10ème kilomètre en 33'10''. Mais la seconde partie sera plus vallonée avec une légère brise de face qui nous fera perdre environ 1'30'' sur la seconde partie du tracé.

Julien terminera un peu mieux que moi en 1h11'04'' et moi en 1h11'22'' réalisant du même coup ma meilleure performance sur la distance réalisée également à Paris en 1998, comme quoi le vin se bonifie au fil du temps...

Notre but de passer sous les 1h11 n'a pas été réalisé mais néanmoins nous sommes très satisfait de la performance, de bonne augure pour la suite.

Nous voilà à jour J -4 de notre objectif...Une période difficile que sont ces deux dernières semaines. Le souci permanent de vous blesser ou de tomber malade et une charge d'entraînement tellement réduite que vous avez l'impression que la forme va partir et que vous grossissez à vue d'oeil.

Le dimanche 1 avril, le team courir ensemble dont certain qui seront de la fête à Rotterdam ont participé à la course de Cologny-Parcs. Pour nous, les trois mousquetaires, cette course représentait le dernier test avant le marathon. Un parcours très accidenté mais très joli. Après un faux plat descendant sur 400m, le peleton plongeait dans une descente à environ 10-12% durant 800m. J'essayerai de ne pas la descendre trop vite afin déviter toute blessure ou court batture pour les jours suivants. Malheureusement, je n'y échaperai pas au courbatture. Après un départ très rapide de Didier Brocard, membre de l'équipe suisse de triathlon, je reviendrai avec le petit groupe de poursuivant composé de Dard, Gantenbein, Bago et moi-même juste à l'entrée du parc. Mais je ne pourrai suivre la cadence sur les deux tours du parc imposée par Julien Gantenbein pour coéquipier d'entraînement. Mes jambes avaient de la peine à se remettre de la vertigineuse descente. Finalement, je ferai une course solitaire depuis le 2ème kilomètre mais je récupérerai néanmoins la troisième place juste avant la sortie du parc propriété jusque-là du triathlète Didier Broccard. Julien une vintaine de seconde devant moi et lâché par l'irresistible Philippe Dard ne cessera de se retourner dans le souci d'être remonté ma moi-même. Finalement je terminerai 3ème à une quarantaine de seconde du vainqueur mais avec un sentiment mitigé sur les sensations ressenties durant la course.

Le lendemain, malgré des courbattures assez fortes aux ishios jambiers, j'afficherai une bonne forme. Les jours suivant seront nettement en baisse de forme. Le vendredi suivant, nous aurons une séance sur piste avec 8 x 400m en 1'11'' puis le dimanche, notre ultime "grosse" séance, soit 19 km dont 10 km à allure marathon. Ce dernier véritable entraînement-test s'avera être catastrophique. Au final 36'47'' au lieu des 36'20'' programmé mais surtout avec des pulsations oscillant entre 8 et 12 puls/min au dessus des normes pour ce rythme... A notre décharge, la boucle de 3426m sur laquelle nous courons nous a servi du vent défavorable (env. 15 km/h) sur les 3/4 du parcours. Cela étant et bien que l'excuse est tout a fait justifiable, le moral en prend un sacré coup.

Le lendemain footing d'une heure puis repos jour suivant. Le mercredi 18 avril, soit à 4 jours de l'échéance, J'avais un sortie de 11 km dont 3000m à allure marathon. Les sensation étaient revenues. Ne me souvenant plus des temps de passage à respecter sur mes repères marqués sur la boucle de 3075m, je prétérai vouer une attention toute particulière  au pulsation et à la sensation. Je me suis mis dans un rythme où je me sentais bien, celui pour lequel j'avais le sentiment de courir le marathon entièrement. Le verdict chronométrique était rassuant, 2 secondes de mieux sur les 3075m que prévu soit la vitesse exact pour mon marathon, 16,57 km/h.

Me voilà nettement plus satisfait de cet entraînement, juste ce qu'il fallait pour me redonner confiance pour dimanche. Cette semaine a été égalment celle de la préparation matériel du marathon. J'ai mis de côté des petites bouteilles PET afin d'y mettre un éventuel ravitaillement personnalisé. J'ai également confectionner des petits drapeaux suisse/genevois pour moi et suisse/vaudois pour Julien pour les fixer à nos bouteilles afin de les reconnaître rapidement sur la table de ravitaillement. Je ne sais pas encore si nous pourrons bénéficier de ce service en Hollande mais mieux vaut prévoir...

J'ai également acheté, sparadraps, scotch, compeed pour se prémunir des cloques. Quelques produits ont également été acheté comme la boisson-repas pour apporter du glucide en suffisance sur les 3 derniers jours précédent la compétition. Des cakes bourrés de minéraux, glucides, vitamines seront du voyage pour le déjeuner le jour du marathon. Je repense inlassablement à la course afin de rien oublier dans la préparation. J'ai également confectionner un bracelet avec temps de passage pour bien contrôler mon rythme.

Je crois que j'ai tout mis en oeuvre pour réussir ce marathon, maintenant il me faudra la forme le jour J, un peu de chance et beaucoup de courage, alea jacta est. Je surveille également la météo sur Rotterdam mais mon souci majeur est vraiment le vent. Je prie pour une météo idéal pour un bon chrono car je n'ai vraiment pas envie de repréparer un tel évènement et surtout aussi consciencieusement.

Me voilà de retour de ma première expérience...Tout avait déjà mal commencé un vendredi 13 avril comme par hasard! Notre avion à destination de Bruxelles a été supprimé pour cause de grève du personnel de sécurité de l'aéroport de Bruxelles. Du coup, c'est en train que la petite équipe s'est rendu à Rotterdam en passant par Paris et Bruxelles, soit 8h de trajet au lieu des 4 initialement prévu.

Mais nos déboires n'allaient pas s'arrêter là puisque c'est une canicule qui nous attendra à Rotterdam sur le coup tardif des 11h pour le départ. Je me sentais prêt, les sensations étaient là. La difficulté du début de course était de trouver un groupe important et au rythme programmé soit de 3'38'' au km. Le danger sur une telle épreuve est la sensation euphorisante du début de course dans un rythme qui paraît tellement facile à tenir. A force de trouver le bon groupe, j'afficherai une moyenne trop rapide au passage du 15ème km soit 3'34'' au kil. Entre le 10ème et le 15ème je me retrouverai seul avec un coureur avalant les km très régulièrement et en 3'38'' seulement le rythme me paraît un peu trop dur à tenir pour faire toute la course ainsi. Je prendrai la décision de le laisser partir rejoindre le petit groupe devant et je baisserai ma moyenne à 3'43'' au km. Au passage du semi-marathon, mon chrono affichera 1h16'38'' soit encore 4sec en avance sur mes temps prévus mais je suis seul depuis le 15ème et cela continuera jusqu'au 28ème km. La chaleur toujours aussi forte, je n'oublirai pas de m'hydrater mais les jambes sont déjà lourde depuis le 22ème et mes temps au km sont dès le 24ème km au alentour de 3'50'' à 4'. Je me dis que je n'arriverai pas à faire mon objectif de 2h35. Le marathon étant une épreuve physique mais surtout morale, je ne pourrai m'empêcher d'entendre une petite voix dans ma tête me dire: "Abandonne, abandonne" et une autre "Finis-le, Finis-le". Mais le parcours au 28ème km se situe à 500m de l'arrivée... Le verdict du chrono au 28ème est de 1h44'08'' soit 1'28'' de plus pour pouvoir être encore sous les 2h35'. Alors vous allez me dire que je suis fou d'abandonner avec un si petit retard? Je dois vous avouez tout de même que la décision n'était pas facile à prendre surtout en se remémorant les 18 semaines de préparation... Mais mon allure rallentissait trop et je pense que j'aurais terminé au alentour des 2h42-2h45. Donc j'avais deux choix à faire, soit celui de poursuivre malgré tout et finir dans un temps tout de même honorable de 2h45 ou garder des forces pour remettre le marathon à l'ouvrage le 6 mai 2007 à Genève soit dans 3 semaines. Je choisirai la seconde option et je pense que c'est la meilleure. Maintenant, malgré l'abandon au 29ème, je retirerai quelques enseignements utiles pour ma seconde tentative à Genève. Dans tout les cas et peu importe le chrono, je rallierai l'arrivée car je dois dire que c'est pas vraiment l'expérience qui me fait jubiler comme certain quand ils ont découvert le marathon. Peut-être cela viendra-t-il avec le temps ou dès que j'en aurai terminé un!

Voici mes temps de passage à Rotterdam: (Le temps d'arrivée est dû au fait que je sois passé la ligne d'arrivée en compagnie de mon ami Julien Gantenbein)

 

 

 

 

 

  

Naam Olivier Marchon
Woonplaats Genève (SUI)
Afstand Fortis Marathon Rotterdam - Ingekort
Categorie M35
Netto tussentijden (verschil)
5 kilometer 17:50 (17:50)
10 kilometer 35:47 (17:57)
15 kilometer 53:54 (18:07)
20 kilometer 1:12:32 (18:38)
Halve marathon 1:16:38
25 kilometer 1:31:47 (19:15)
30 kilometer  
35 kilometer  
40 kilometer  
Bruto tijd 2:41:38
Netto tijd 2:41:31

 

 

  

Par Olivier Marchon - Publié dans : lifeisrun
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Lundi 18 septembre 2006 1 18 /09 /Sep /2006 20:24

Quelles questions peuvent bien se poser les parents sportifs vis-à-vis de leur progéniture ? Quelle sport faut-il leur conseiller ? Faut-il les forcer à faire qqch ? Je vais commencer par prendre le cas de ma fille née en 1998. Cette année, elle a fêter ses 8 ans, et il est temps pour elle de commencer une activité sportive. Vous me direz : …mais pourquoi faut-il qu’il incite sa fille à faire automatiquement du sport.

Dans tout le règne animal, l’éducation est simplement la transmission d’expérience à ces descendants et l'homme n'y échappe pas. Quoi de plus normal que d'inciter ces enfants dans une voie ou l'expérience avait été positive pour le parent.

Néanmoins, je ne vais pas inciter spécialement mes enfants à faire le même sport que moi. Ma fille n'étant apparemment pas très compétition, elle aime bien la natation, raison pour laquelle je l'ai inscrite à ce sport. Le dernier, né en 2000 a déjà quasiment le niveau de son aînée voir meilleure dans bien des disciplines. Pas vraiment la corpulence d'un marathonien mais plutôt d'un sprinter ou footballeur qu'il adore, je l'ai initié au judo. La raison en est simple, privilégié les sports de souplesse et de douceur au détriment des sports plus traumatisants pour l'organisme.

 

Si les enfants pratiquent souvent plusieurs sports avant de se consacrer intensément dans une discipline, on peut orienter ces derniers à faire plusieurs sports en relation avec le sport pour lequel vous penser qu'il s'orientera comme une préparation à long terme. Par exemple, si le garçon voudra faire du foot, je choisirai du ski de fond pour développer sa musculature aussi bien en haut du corps qu'en bas et son endurance, du judo ou un art martiaux pour développer sa vivacité, sa souplesse et sa force. Pour la fille, je me suis dis que si un jour elle est tentée par le triathlon, il serait bien qu'elle apprenne à nager petite car les lacunes se gomme jeune. Quand on est adulte, il est difficile de devenir un bon nageur même après 10h d'entraînement hebdomadaire.

Il y a quelques jours, j'ai emmené mes deux enfants pour un footing de 3 kms avec 4 allonges dans l'herbe afin de les préparer au mieux pour l'une de leur première course de leur vie, la Trans'Onnésienne. Je souhaite que le sport leur apportera également beaucoup de satisfaction dans la vie.

 

Quelques mois se sont écoulés depuis le début de cet article et déjà des changements se sont opérés et des vocations jusque-là insoupçonnées se sont révélés!

Au mois de novembre, mes deux enfants prenaient part à leur première course. Le plus jeune s'allignait dans la catégorie poussins et affichait 3 ans de moins que les plus âgés de cette catégorie. Néanmoins, il affichera un très correct 29ème rang et pour la statistique, terminera meilleure des enfants nés en 2000. Mais l'essentiel a été son plaisir durant la course. Néanmoins, il sera un petit peu déçu de n'avoir pu faire un podium comme sa soeur!

Et oui, à ma grande surprise et pour ma plus grande fierté, ma fille né en 1998 dont je mentionnais ci-dessus qu'elle n'était pas très "compétition" m'a totalement bluffé sur ce coup là.

J'avais déjà remarqué durant le petit footing de la semaine précédent la course, sa jolie foulée et son aisance à courir. Je ne cacherai pas que je plaçais tout de même un petit espoir de la voir bien figurer au classement. La veille de la course, elle a passé la nuit chez sa copine, filleul de ma femme, qui avait déjà fait de nombreuses courses et s'était même classée 12ème à l'Escalade. Les deux copines allaient prendre le départ de la trans'onnésienne. Mes consignes étaient claires: "ne pas partir trop vite mais ne pas perdre de vue la tête de la course tout de même...". Pour ma fille, je lui conseillais d'essayer de rester avec sa copine expérimentée.

L'échauffement des trois enfants a été fait avec la même minutie que je le fais pour moi. D'ailleurs, j'affichais le même stress et j'étais plongé comme si c'était moi qui allais prendre le départ de leur course...

J'allais ensuite les placer aux avant-postes sur la ligne de départ avec l'ultime recommandation de faire attention aux éventuelles chutes au départ. Placé à une centaine de mètre du départ armé de mon portable pour immortaliser le départ, j'avais prévu après la photo de "piquer" un sprint devant les enfants pour refaire une seconde photo...Mais ce n'était pas sans imaginer que même ces bambins âgés de 8 et 9 ans courent à près de 18 km/h dans les premiers hectomètre de course!

Du coup, une fois le peloton passé, j'irai simplement en sens contraire du parcours à leur rencontre pour suivre attentivement la fin de course et donner les derniers conseils et encouragement aux filles. Au fond de la ligne droite, je vois déboucher la première concurrente, puis la seconde, puis la troisième et à ma grande surprise ma fille en quatrième.

D'une jolie foulée légère accompagné d'un large sourire, elle passe devant moi avec une facilité déconcertante. Je l'encourage à rattraper les deux concurrentes la précédent car la première étant environ 100m devant à 300 de l'arrivée, la victoire me paraissait difficile...

D'où je me situais, je ne pouvais malheureusement voir l'arrivée. Je regagnerai quelques minutes plus tard l'arrivée afin de prendre connaissance du résultat final. Pour ma plus grande joie et naturellement celle de ma fille, elle terminera deuxième à 1 seconde de la première et 40 secondes devant sa copine avec une moyenne de 15,5 km/h pour les 1070m du parcours!

Le lundi, mes deux enfants, fier de leur performance, ont ramené leur photo et les résultats de la course à l'école. Du coup, comme je n'avais pas vraiment prévu de l'inscrire pour la course de l'Escalade par peur des chutes et surtout par peur de la traumatiser dans la course la plus relevée de suisse, j'étais presque en train de le regretter. Après avoir posé la question à ma fille si elle voulait faire la course de l'Escalade, j'allais regardé avec un ami membre du comité d'organisation sur l'éventuelle possibilité de l'inscrire malgré le délai d'inscription échu. J'avais également à coeur qu'elle puisse la faire car cette année 2006 elle était la plus âgée de la catégorie et par conséquent plus de chance de mieux figurer au classement.

Ayant reçu la confirmation positive de son inscription, j'allais dès lors concocter un petit programme d'entraînement pour les deux semaines précédent la course afin qu'elle arrive dans les meilleures conditions. La course de l'Escalade n'étant premièrement pas plate, la distance était également de 1850m au lieu des 1070m de la Trans'Onésienne, donc une préparation s'imposait. Elle affichera crânement son programme contre le mur de sa chambre et suivra assidûment le programme avec une motivation hors norme!

Trois séances étaient au programme de la première semaine sur des distances allant de 4 à 5 km agrémentées de quelques allonges à la vitesse de course. Deux séances clôtureront la dernière semaine avant la course.

Le jour J étant arrivé, j'allais mettre ma fille dans les mêmes conditions et avec le même échauffement que je pratique pour moi, distances réduites naturellement. Mais voilà qu'à l'échauffement, elle s'encouble sur une racine qui l'a fait trébucher sur son genou. J'allais trouver les mots permettant de maintenir sa motivation, apaiser sa douleur mais les larmes n'étaient pas loin. On marchera quelques minutes avant de se remettre à trottiner. J'arriverai masquer mon inquiétude face à son boitillement, mais je n'étais pas très rassurer. Le départ approchant, nous nous sommes rendus sur la ligne de départ et l'émotion du départ, l'impression de la foule lui ont vite fait oublier son déboire. Mon souci permanent était de pouvoir la mettre sur la première ligne car la course se joue déjà là pour les 800 poussines de la catégorie! Je la passerai par dessus la barrière, elle se faufilera entre les footballeurs américains engagés pour tout les départs des catégories afin que personne ne puisse voler le départ. Timide, elle se laissera glisser en deuxième ligne. J'essayerai bien de l'inciter à se mettre devant mais  elle me confirmera par la négation qu'elle ne bougera plus de son emplacement, la peur était au rendez-vous. Je n'insisterai pas lui évitant ainsi un stress supplémentaire et néfaste pour la perf. Je me mettrai à 200m du départ pour suivre attentivement la course.

Coup de canon retentissant, voilà ces nombreux enfants livrés à eux-mêmes. La plupart étant peu expérimenté, certains prendront des départs "suicidaires" en partant trop vite. Ma fille passera devant moi aux environ de la 60ème place et déjà une cinquantaine de mètre de retard sur la tête de course. Mais j'étais surtout rassuré qu'elle n'était pas tombé et elle avait le sourire, le principal était bien là.

A peine sont-elles passées devant moi que j'allais sprinter par un plus ou moins raccourci afin de les revoir au sommet de la fameuse côte du départ. La voilà déjà en 6ème position! Je n'en revenais pas de cette remontée en 300 mètre de course! Je lui donnerai quelques consignes comme de ne pas remonter trop vite entre autre et naturellement les encouragements nécessaires, le parcours restant étant encore long.

Cette fois-ci j'emprunterai un vrai raccourci afin de les reprendre à mi-parcours. Là voici 4ème sur les talons de la troisième. Les deux premières étant à une vingtaine de secondes devant,  la victoire semblait leur être promise. J'allais opérer un dernier sprint sur l'arrivée afin de pouvoir suivre l'emballage final de ma fille mais les nombreux spectateurs (env. 50 000) m'empêcheront de regagner la ligne d'arrivée. J'entendrai uniquement le speaker annoncer la troisième place de ma fille. Que j'étais heureux du bon dénouement de la course la plus populaire et la plus difficile de suisse. Après l'avoir rejoint, toute la famille était là, tantes, oncles, grands-parents, frère et amis autour d'elle pour la féliciter. Elle était super contente d'autant plus qu'elle avait encore chuter dans la dernière descente. Mais sa combativité et sa volonté à ne jamais abdiquer lui ont permis de reprendre la troisième place perdue quelques instants dans la mésaventure. Et c'est surtout cela qui me rend très heureux. Voir qu'elle avait un réel esprit de compétition dans le sens où elle s'avait se surpasser, se battre. Ce point est à mon sens très important pour la vie de tout les jours et pour faire sa place dans cette société.

Elle sera durant quelques jours, la star de l'école puisque la course étant la plus suivie du canton avec ces 23000 participants. De nombreux enfants, parents etc.. regardent les résultats dans la presse locale afin de voir également le résultat de leur progéniture. La plupart des enfants participent à la course de l'Escalade et dans 90% des cas c'est l'unique compétition qu'ils font, donc on peut aisément comprendre l'ampleur de la manifestation.

A la maison, elle me demandera déjà quand est-ce qu'elle pourra faire la prochaine course! Et s'est là où je reviens sur ma conception et ma vision du sport. Certes, elle a eu du plaisir, j'ai eu du plaisir, néanmoins je m'efforce de faire attention à ne pas tomber dans le travers de certain parents qui font de la compétition au travers de leur enfants. La course à pied n'étant pas le sport idéal pour la croissance avec ces chocs à répétition etc... Je veux au maximum préserver sa santé afin qu'elle arrive avec toutes ses capacités physiques au moment où il sera important d'être performant et où les résultats auront une véritable signification. Depuis la course de l'Escalade, nous n'avons plus été courir. Nous avons repris notre entraînement hebdomadaire de natation. Mon objectif futur est de maintenir ce goût de la compétition sans jamais en avoir une "overdose".

Quelques mois se sont écoulés et voici la petite au départ de l'une des premières courses de l'année, la course de Cologny-Parcs. Particularité de la course pour les touts petits, ils courent tous ensemble, filles et garçons. Beaucoup de personnes arborant les couleurs de l'association courir ensemble participaient à cette deuxième édition. Ma fille sera également au diapason avec son tee-shirt de l'association, une motivation supplémentaire pour elle de courir pour les enfants malades. Cela représente qqch pour elle puisqu'elle avait pu accompagner certain de ces enfants à Nantes au concert des enfoirés en février dernier.

La course est très courte, le parcours comporte un plat sur la route puis une montée sur environ 300m sur un petit chemin et descente à travers les vignes. A l'échauffement on reconnaîtra le parcours et quelques conseils tactiques lui seront donnés. Mais finalement, je me demande si ce n'est pas moi qui devrait lui demander des conseils...pas dégonflée pour deux sous, elle prendra rapidement les commandes de la course pour ne plus jamais laisser qui que se soit la dépasser. Elle terminera première de la course devant les filles et les garçons... Je crois vraiment qu'elle aime ca puisqu'à aucun moment je lui ai imposé de faire la course. Nous continuerons avec quelques courses en commencant par la course de Bernex en avril puis elle essayera un premier triathlon cet été histoire de lui faire découvrir cette discipline, elle qui nage 2 fois par semaine et m'accompagne de temps en temps avec son petit frère avec leur vélo lors de mes longues sorties de course.

 

 

 

Par Olivier Marchon - Publié dans : lifeisrun
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Jeudi 31 août 2006 4 31 /08 /Août /2006 23:03

Espagnols persistent et signent dans le ridicule

Espagnol et Italiens s’allièrent pour intimider la délégation francophone. Mais le sommet du ridicule et de l’anti-sport allait être vécu dans l’épreuve du saut en longueur. Chaque athlète bénéficiait de 3 essais. Le saut se déroulait au moyen d’altères tenu dans chaque main et servant de balancier pour aider l’athlète dans durant ses bonds. Pied-joint, l’athlète devait effectuer trois bonds consécutifs sans élan. La mesure étant prise du début du sautoir jusqu’à la marque du 3ème bond. Après le premier saut, l’espagnol était crédité du saut le plus long de sa poule tout comme Guillaume. Au second essai, un italien pris la tête du concours dans la poule de l’Espagnol. Tandis que du côté de Guillaume, il résistait aux assauts des concurrents de sa poule. Dans la groupe « Latin », le favori en saut n’était pas celui qui avait dominé les deux premières épreuves mais son homologue espagnol. Ce dernier allait être disqualifié pour anti-jeux pour avoir fait à deux reprises exprès de sauter moins loin que son ami espagnol. Des remarques allaient être échangé entre les Francophones et les « latins » mauvais perdant. Le malheureux italien qui jouait également le jeux des espagnols mais qui n’avait compris que trop tard le « petit jeux » des ibères était tout désolé pour son copain espagnol. Nous ne pouvions que « jubiler » sur ce coup du sort qui permettra à Guillaume d’enlever le titre. La haine envers cette tentative de tricherie allait amplifier nos accolades, nos cris et nos joies. Mauvais perdants, les « latins » commencèrent à critiquer les archéologues et mettre en cause les règles. Dire qu’on était là surtout pour un film, même si l’envie de chacun de remporter le titre était très forte, Francophone et Germanophone avions compris de l’enjeu de notre mission alors que les « latins » attachaient la seul importance à la victoire afin de rentrer au pays le torse bombé…  Guillaume était également soulagé de remporter le titre à ce stade de la compétition car il n’aurait certainement pas pu prendre part au sprint vu l’état de son pied. La peau s’était arrachée jusqu’à la chair durant la première journée dans le sprint. La blessure n’avait pas eu le temps de guérir. 


Une surprise de taille

 

Après une petite pause, les jeux allaient se terminer par l’épreuve de l'«hoplitodromos» (course en arme avec casque et bouclier de 15kg). Eole était toujours présent ce qui allait m’arranger… 

J’avais décidé de faire une course « tactique » bien que je nourrissais pas de grand espoir de remporter cette épreuve face au spécialiste du 400m. Mais le vent allait donner une résistance aux athlètes rapides et de ce fait les ralentir. Mon objectif était de me cacher à l’abris du vent jusqu’au bout de la ligne droite.

Le départ était donné et j’allais immédiatement mettre ma tactique à exécution. Une vingtaine de mettre avant de procéder au retour du stade, j’allais faire une petite accélération et me faufiler dans un trou de souris pour tourner autour du piquet à la corde. J’allais également profiter de m’appuyer sur mes adversaires se trouvant à l’extérieur pour exécuter la manœuvre du demi-tour. Les deux premiers virant avec moi autour du piquet n’allait pas résister longtemps, leur effort ayant été trop conséquent pour faire face aux éléments lors de la première ligne droite. Dès lors je me retrouvais en tête à l’entame de la dernière ligne droite. Je lançais toute mes forces dans la bataille, la ligne droite me paraissait interminable. Je ne savais pas du tout où se trouvait mes adversaires et je m’attendais à tout instant de me faire déborder de partout avant la ligne. Mais l’arrivée approchait et j’étais toujours étonné que personne m’avait encore remonté. Mes jambes étaient « bridées », je ne pouvais pas accélérer et j’avais le sentiment de piétiner, mon casque bougeait et tombait sur mes yeux. J’utilisais mon bouclier comme une voile, le vent étant dans le dos, j’allais utiliser toutes les astuces pour maintenir cet avantage. Dix mètres, cinq mètre, et enfin l’arrivée, je n’y croyais pas, j’étais en train de rêver. Je fis rapidement demi tour après la ligne pour constater l’écart avec mes adversaires et confirmer que tout ceci n’était pas le fruit de mon imagination. Mon regard se posa dans les yeux de mon ami Romain qui venait juste de franchir la ligne. Tel ne fût pas sa surprise quand il me reconnu sous mon casque, lui qui se demandait tout au long de la course qui était le coureur qui était en tête. Avec le casque qui empêchait de me reconnaître, ma vue de dos ainsi que mon niveau de sprinter, il ne pouvait pas imaginer un seul instant que le « marathonien » pouvait remporter cette épreuve de sprint long.

Moi-même j’en revenais toujours pas, et c’est alors que la phrase de « Megaphonos » alias Jean-Claude Perrin me revint à l’esprit. « …c’est une course pour toi… » Ca façon de mener les troupes, de les motiver, son palmarès etc… m’avait déjà impressionné, mais cette faculté à donner un pronostic sur un athlète qui connaissait depuis une dizaine de jours m’a complètement « bluffé ». A peine arrivé, les « Hellanodices » m’emmenèrent vers l’autel. Je ne savais pas comment me tenir, comment réagir, j’essayais de contenir ma joie car je ne savais absolument pas quelle attitude je devais adopter devant les caméras. J’étais très soulagé de ne pas revenir bredouille au pays. J’avais vécu « mes » Jeux Olympiques, c’était merveilleux.

Une expérience en guise d'argument 

Cette expérience marquera à jamais mon esprit. Mes enfants étaient très fière de raconter à leurs camarades de classe l’épopée de leur papa. Pour ma part, j’étais surtout content d’avoir vécu quelque chose d’exceptionnelle et qui devrait certainement servir de modèle et de motivation à mes rejetons. Tout les jeunes ont besoin d’exemple, et ils s’identifient en principe aux stars. Malheureusement, de nombreux enfants constateront avec tristesse le fossé qui les sépare de leur idole, et risqueront de baisser les armes en voyant qu’ils ne viendront certainement pas des champions à leur tour. C’est pourquoi, il est primordial de les informer, de leur faire partager nos expériences et dire combien le sport peut apporter hormis l’argent et la gloire, des émotions, des voyages, des rencontres et la santé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Olivier Marchon - Publié dans : lifeisrun
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Jeudi 31 août 2006 4 31 /08 /Août /2006 22:37

Après avoir grâce au sport sillonné l'Europe et la Suisse, rencontré des gens merveilleux, traversé des moments d'euphories et de difficultés qui font le charme du sport de compétition, partagé des instants extraordinaires en représentant les CFF dans diverses compétitions, j'allais vivre en 2004 l'expérience la plus extraordinaire de ma vie, celle d'acteur!

Comme je l'ai dit dans le préambule, ce blog vous a démontré que grâce au sport, de nombreuses opportunités peuvent s'ouvrir à vous et pas des moindres comme vous allez le voir.

Certes, il faut certainement avoir aussi un peu de chance dans la vie comme je l'ai eu en automne 2003 en recevant ce mail informant que des athlètes étaient recherchés pour la production d'un documentaire fiction. Mais si je n'étais pas sportif, ni organisateur, ni en possession d'un ordinateur, alors je n'aurai sans aucun doute pu participer à ce programme. Le statut d'organisateur et de secrétaire du club d'athlétisme FAS a fait que je me retrouve dans le listing de Jessica, ex-présidente du Stade Genève et très active dans l'athlétisme à Genève. La société Gédéon Programme à Paris avait transmis à toutes les fédérations nationales ce mail qui a été ensuite transféré aux associations régionales et par conséquent cantonales pour la suisse. L'AGA (association genevoise d'athlétisme) a transmis ce message aux organisateurs et présidents de club, dont les membres n'auront pas tous la chance de bénéficier du même dévouement et de sérieux de la part de leur dirigeant par conséquent ce mail ne suivra pas forcément... 

Toujours est-il que je me suis décidé à remplir mon CV, ma lettre de motivation et de renvoyer le tout accompagné de quelques documents à Paris afin que ma candidature puisse être prise en compte. Quelques semaines se sont écoulées lorsque j'ai reçu un téléphone de Paris m'informant de la bonne réception des documents. Mais quelques jours après cet heureux coup de téléphone, je reçois un second mail émanant cette fois-ci de la TSR avec le même contenu. Finalement la logistique n'étant pas très accordée entre Paris et Genève, je renverrai un second dossier à la TSR cette fois-ci. Après quelques semaines, ma candidature sera retenue avec 2 autres lutteurs suisses et un second athlète helvétique.

Le but du film était de faire vivre 30 athlètes (5 équipes de 6 athlètes) venus d'Espagne, d'Italie, de Grèce, de France et d'Allemagne dans les conditions de l'Antiquité. Démontrer aux téléspectateurs notre faculté d'adaptation dans ces conditions hostiles tout en nous entraînant afin de remporter la compétition qui nous attendait deux semaines après avoir vécu dans un camp Grec reconstitué dans les environs d'Olympie. Les compétitions allaient se dérouler sur le stade mythique d'Olympie. Une aventure qui vous est offerte une fois dans votre vie. Le plus grisant est de savoir qu'environ 2000 ans après le dernier vainqueur d'une discipline des jeux antiques, vous serez peut-être le prochain et le dernier "Olympionike" à inscrire votre nom parmi les plus grands champions de la Grèce Antique comme tel que Léonidas de Rhodes, vainqueur durant quatre Olympiades consécutives au "Stadion" (200m), au "Diaulos" (400m) et à la course en armes, ou encore le gigantesque Polydamas de Skotoussa, pancratiaste qui , pour rivaliser avec Héraclès, tua un lion à mains nues, sans oublier Milon de Crotone le lutteur, Achille, Chionis de Sparte, Pytoclès d'Elis, Hermès etc... 

La TSR viendra à la rencontre de chaque candidat afin de dresser un portrait sous forme de photos, et de film pour le besoin de la production. Ma candidature ayant été retenue, j'emmènerai l'attachée de presse, le photographe, le caméraman et le journaliste au plateau des Glières à l'occasion de la course de ski de fond que prenaient part nos petits champions du club du Stella Alpina. Il sera démontré dans le film mon investissement dans la formation des jeunes skieurs de fond. Cette journée fût une course contre la montre puisqu'à peine les enfants arrivés de leur course, je repartais en compagnie de cette délégation inhabituelle à Presinge, où se déroulait l'édition annuelle de la course de Presinge dont j'allais participer. Mes adversaires mais néanmoins amis étaient quelques peu intrigués de ces sollicitations à mon égard. Un caméraman qui me suivait sur un scooter pendant la course, le photographe qui me mitraillait de son appareil photo à chaque passage sous l'oeil attentif de l'attachée de presse. Cela peut paraître grisant comme situation vu de l'extérieur mais cela était finalement plutôt intimidant. De plus, j'avais à coeur de montrer que je faisais partie des coureurs me battant pour le podium et que ma candidature n'était pas une utopie. La fierté n'avait rien à voir là-dedans, mais les exigences demandées  par la production pour participer à cette aventure étaient assez élevées, des performances proches des meilleurs coureurs nationaux. Il m'a fallut quelques peu (sur)estimer des temps car je n'avais pas de référence officielle sur piste. Des performances probables en additionnant plusieurs "si"... La tendance était tout de même d'annoncer des performances optimistes pour augmenter mes chances d'être retenu. Il s'avéra que de nombreux sélectionnés ont opté pour cette "technique". Seulement à ceux jeux-là, il y a toujours un moment de vérité... Pour la course de Presinge, le premier test allait finalement bien se passer. Je terminais à la seconde place et le risque de passer pour un touriste m'était évité.

Mais l'instant de vérité aura lieu quelques semaines plutard lors des qualifications à Paris. A ce moment, rien n’était fait pour partir en tournage. Les sélections concernaient que les athlètes allemands, français et suisses. La sélection des athlètes des autres nations se déroulait en interne dans leur propre pays. Il n'y avait que 6 places pour les allemands, 4 pour les français et 2 pour les suisses. Français et Suisses allaient constituer l'équipe francophone en Grèce. Chaque équipe allait être constituée de 2 lutteurs, 2 pentathloniens et 2 coureurs. Les sélections allaient se dérouler sur deux jours sur la piste couverte d'Aubonnes près de Paris. J'allais vraiment me demander le premier jour, ce que j'étais venu faire là-bas....Les disciplines demandées étaient toutes sauf celles pour lesquelles je nourrissais des aptitudes me permettant de rivaliser avec les meilleures et de plus, le niveau des athlètes surtout chez les allemands étaient tel que je me suis dit: "veni...vidi...perdi"

 

Les sélections 

Au programme du premier jour: 60m, saut en longueur sous la forme des sauts fait dans l'Antiquité, à savoir 3 sauts pieds joints consécutifs puis pour terminer le 400m. Après un 60 m qui ma valu la 16ème place, j'allais me détruire sur les sauts avec lesquelles j'ai du obtenir la 12ème place environ. Restait le 400m pour clore cette première journée. Mes jambes tremblaient encore des sauts précédents quand je m'élançais pour ces deux tours de piste (les pistes indoor mesurant 200m pour la plupart). J'obtiendrai un temps de 54'' qui me comblera personnellement mais qui ne pèsera pas lourd face au 48'' du meilleur (mon collègue suisse) et au 50'' de la grande majorité. Après la première journée, je me disais vraiment qu'il n'y aura pas de miracle et que ma destination le dimanche soir serait Genève au lieu de Nice parmi les 12 heureux élus. Le lendemain, l'archéologue Français, Philippe De Carbonière vint vers moi pour me dire de vraiment me montrer sur le 1000m qui était à ses yeux ma distance. A ses yeux certainement et au vu des disciplines qui étaient au programme également. Cependant, mes distances se situent plutôt entre 8km et le semi marathon raison pour laquelle on allait me coller l'étiquette de marathonien alors que je n'en ai jamais fait de ma vie. Le cinéma n'aime pas forcément les vraies histoires, il préfère modifier un temps soit peu les faits réels afin d'en faire des scénarios à l'eau de rose... Le 1000 reste tout de même une distance bien spécifique ou les qualités de vitesse sont requises. De plus, le dimanche matin, je descendais les escaliers à reculon, tant mes cuisses me faisaient mal; ça commençait bien...Néanmoins j'allais me surpassé dans ce 1000m pour terminer meilleure francophone et deuxième de tous les participants dans le temps de 2'33''.

Après quelques grimpées de corde et de l'initiation à la lutte, la journée se termina pour chacun par un face à face entre l'athlète et la délégation d'experts composée d'une dizaine de personnes représentant la production du film, les entraîneurs, les archéologues etc...Ce moment intimidant nous rappelant un examen oral permettait à chacun de nous d'argumenter notre motivation pour cette aventure. Après quelques heures de délibération, le verdict tombait. On commença par nommer dans l'ordre suivant: les 2 lutteurs, les 2 pentathloniens et les 2 coureurs du côté allemand. Joie et déception pour certain pouvaient être observé sur les visages des 40 athlètes installés dans les gradins. Venait au tour des francophones. Les deux premiers nommés étaient les lutteurs, et suisse de surcroît. J'avais dès lors compris que moi et mon camarade helvétique ne serions pas nommé puisque seul deux places étaient à disposition de la Suisse. Nous avons néanmoins été nommés comme athlète de réserve en cas de désistement. Nous étions très déçu et notre épopée devait s'arrêter là. Nos camarades francophones avec qui nous avions déjà lié des liens d'amitié très fort étaient très tristes pour nous d'autant plus qu'eux allaient être du voyage et prendre place dans le train de nuit le soir même à destination de Nice à la villa "Kerilos". Là-bas, on allait leur présenter le programme définitif de la Grèce, les disciplines ainsi que les tenues. Mon camarade suisse et moi-même avons appelé notre ami Emile de la TSR pour lui donner les résultats définitif des sélections. Il était à la fois déçu et révolté de voir que nous n'avions pas été retenu malgré nos bonnes performances. J'avais terminé meilleure francophone sur 1000m et mon collègue meilleure athlète sur 400 et toujours bien placé dans les autres disciplines. Plusieurs jours allaient s'écouler avant un coup de fil miraculeux dont je m'y attendais quelque peu. Nous avions déjà reçu des sms de nos amis francophones depuis Nice nous informant que nos petits lutteurs suisses n'étaient pas vraiment "chaud" pour porter la tenue "légère" prévue à Olympie. L'idée de passer à la TV quasi dénudé leur étaient insupportable, sans doute par peur du "quant dira-t-on" au retour dans leur foyer en Valais.

Retournement de situation inespéré 

La conséquence de ce merveilleux évènement fût la libération de deux places pour la Suisse, quel bonheur! J'étais vraiment très heureux, ce retournement de situation inespéré allait transformer un rêve en réalité. Je m'empressais dès lors, d'appeler mon collègue suisse pour partager cette merveilleuse nouvelle mais à ma grande surprise, il n'était pas enchanté! Je n'y comprenais plus rien, lui qui était si motivé à la sélection. Très croyant, il interpréta sa non sélection dans un premier temps comme un signe. Mais il y avait certainement la pression familiale. Cette dernière devait voir d'un mauvais oeil cette aventure (à tort). Emile de la TSR également très surpris prit finalement la décision d'envoyer qu'un seul représentant helvétique en Grèce. Cet incident fera également un autre heureux, allemand et réserviste comme moi. Les allemands allaient mettre à disposition de l'équipe francophone leur spécialiste de 1500m (vainqueur des sélections sur 1000m) pour parer au désistement helvétique et sélectionner un lutteur supplémentaire. De ce fait, l'équipe francophone n'aura aucun lutteur représenté à Olympie et les allemands aucun coureur de demi-fond. Emile me dira que finalement cela n'est pas plus mal pour la promotion "...on fera plus la lumière sur un seul athlète pour promouvoir l'émission...". A cet instant, je ne me rendais pas vraiment compte ce que représentait "une promotion" d'émission. De nombreux quotidiens allaient exposer mes photos spécialement prises pour l'occasion tels que TV8, TV Guide, Le Matin, La Tribune de Genève, Le Blick, Le Temps, La Liberté pour ne citer que les principaux ainsi que la bande annonce précédant la diffusion des émissions qui seront au nombre de 10 x 26' (épisodes), 1 x 90 minutes (film sur les compétitions) 1 x 60 minutes (un film sur l'histoire), 1 x 50 minutes (le making off, les coulisses du tournage).

Comment imaginer que le petit coureur de Genève âgé de 8 ans lors de ses débuts allait 25 ans plu tard, avoir l'opportunité grâce à la course à pied de participer à une telle aventure ? Une expérience qui marquera à jamais mon esprit et pour laquelle je rencontrerai deux amis très chers avec lesquelles nous passerons des vacances ensembles et participeront au mariage de l'un d'entre-eux. Cette aventure, c'est aussi une expérience sportive difficile, la découverte d'un pays, le milieu cinématographique inconnu jusque-là pour moi et des rencontres merveilleuses. 

La Grèce

Au mois d'avril 2004, toute la délégation germano francophone allait s'envoler à destination d'Athènes. De la capital Grec, nous prendrons un car qui nous emmènera sur le site d'Olympie ou se déroulera l'acte principal de cette aventure et où nous attendrons les différentes délégations étrangères (italiens - espagnoles et grecs).

A notre arrivée à Olympie, nous serons conduit à notre logement situé à proximité du site archéologique d'Olympie. Nous n'y passerons qu'une seule nuit avant de prendre nos quartiers dans le site expressément construit pour accueillir les athlètes. Nous profiterons néanmoins d'une bref visite du stade d'Olympie où auront lieu nos futurs compétitions. Nous vivions là, nos dernières heures avec la civilisation actuelle avant notre cloître dans l'Antiquité. 

La découverte de notre terrain d'entraînement

 

Le lendemain, équipe par équipe allions entrer dans l'enceinte réservée au tournage. Nous étions très excité à l'idée de découvrir enfin ces lieux expressément aménagés pour nous. On nous les avait tellement décris que notre curiosité devenait trop forte. Lorsque cela fût notre tour, nous avons été émerveillés par la découverte des installations. Tentes, personnels du tournage en costume et la Palestre étaient expressément reconstitué pour les besoins du tournage. Rêve ou réalité, nous ne pouvions exactement définir la frontière. Tous les objets de notre temps étaient proscrits afin d'éviter les anachronismes durant le tournage.

Notre quotidien était constitué d'entraînement, de repos, de massage, de repas, de loisirs, de douche et de sommeil réparateur et le tout, à la façon "Antique". Le but étant d'expérimenté la vie de l'époque et de s'adapter au technique utilisée lors des différentes épreuves sportives et d'apporter des réponses ou du moins des hypothèses aux nombreuses questions que se posaient les archéologues. Les conditions climatiques de la première semaine ont été difficiles. L'humidité et le froid se lièrent pour rendre notre vie pénible et ce ne sont pas les maigres et légers vêtements fournis qui allaient nous permettre de lutter efficacement contre les éléments. Néanmoins le moral était au beau fixe, la rigolade à l'ordre du jour même si chacun de nous donnait le maximum à l'entraînement afin d'espérer secrètement de remporter l'une des épreuves des jeux. Nous bénéficions côté francophone des conseils avertis de Jean-Claude Perrin nommé pour l'occasion "Megaphonos" tant sa voie portait loin. L'idée de nommé chacun de nous par des noms d'anciens vainqueurs de jeux antiques émanait de notre archéologue, Philippe de Carbonnière. Pour ceux qui ne connaissent pas Jean-Claude Perrin, ils ont pu le découvrir dans les commentaires sportifs liés à l'athlétisme lors des JO de 2004 en Grèce sur la chaîne "Eurosport" dont il est encore le consultant pour l'athlétisme. Mais il est surtout connu pour avoir mené Pierre Quinon sur la plus haute marche du podium et Thierry Vigneron à la troisième place du concours du saut à la perche lors des JO de Los Angeles en 1984. Il sera également le préparateur physique du PSG qui remportera la coupe d'Europe en 1996 et également celui de l'équipe de France de Coupe Davis qu'elle remportera en 1991 avec Guy Forget, Henri Leconte et coaché par Yannick Noah. En résumé, Megaphonos est une sommité, mais surtout un type attachant, drôle et compétent, je tomberai sous le charme. Côté lutteur, les conseils étaient dispensés par Georges Ballery. Un bonhomme de 64 ans ayant participé à plusieurs championnat du monde et Jeux Olympiques dans sa carrière et dont il sera difficile d'atteindre son niveau durant les nombreux exercices qu'il nous dispensera. Moins charismatique que Jean-Claude, il n'en est pas moins un homme fort sympathique et touchant. Leur duo fera un malheur pour notre pur bonheur, nous rappelant quelques peu "Statler et Waldorf" les deux petits vieux du "Muppetshow" par leur humour et leur complicité. Côté allemand, le megaphonos germanique sera représenté par Harald Schmid ce vice champion Olympique du 400m haies et ex-recordman d'Europe de la discipline. Personnage discret et réservé et pas avar de gentillesse. Nous resterons impressionner devant ce personnage de classe mondial. 

 

Les entraînements  

Chacun de nous bénéficiera de conseil et de programme d'entraînement adapté à ses propres capacités et à sa discipline. Les lutteurs passeront la majeur partie de leur temps à se muscler et à lutter. Quelques footings seront néanmoins à leur programme. Mais à les voir courir, on voit bien que cela n'est pas leur tasse de thé! Mais contrairement aux athlètes, les lutteurs s'entraînent ensemble, toute nation confondue. Mais certain "dominé" à l'entraînement se révèleront être de redoutable combattant lors des compétitions à l'image des lutteurs Grecs. La morphologie de l'un d'entre-eux est particulièrement impressionnante. De corpulence plutôt trapue, son cou devait être aussi large que mes deux cuisses ensembles...ces bras et ces mains n'étaient pas en reste non plus. Mais questions civilités, ces lutteurs grecs semblaient s'approcher plutôt de l'homme des cavernes que celui de l'homme de nos jours. Le soir, leurs jeux barbares allaient perturbés nos soirées calmes et bonne enfant que nous partagions aux côtés des allemands que nous connaissions bien pour les avoir toujours côtoyé. Italiens et Espagnoles partageaient également leurs moments libres ensembles. Pour nous, coureurs de fond, notre terrain d'entraînement s'étendait largement au delà des limites du campement. Les champs de fleurs, l'ombre des Oliviers, les chèvres et leurs gardiens, la rivière, les paysans locaux faisaient partie du décor idyllique que nous bénéficions lors de nos footings. Les caméramans ont trouvé des décors naturels somptueux qui rendront merveilleusement bien à l'écran. Contrairement à ce qui a pu être dit, au risque de faire tomber le mythe, nous, coureurs de fond, utilisions des baskets afin d'effectuer nos longues séances de course dans la campagne. Seul les ignares pouvaient croire le contraire. Avant notre entrée dans le camp lors du premier jour, Mégaphonos qui s'était prêté au jeu pour cette expérience, nous avait conseillé d'emmener discrètement nos baskets dans nos tentes. Il n'était pas près à sacrifier la santé des athlètes au détriment du délire de certain de la production et des archéologues. Seul un homme censé tel que lui pouvait anticiper sur une catastrophe inévitable en persistant dans cette voie suicidaire. D'ailleurs cela sera fatal aux allemands. J'étais même étonné de la part d'un personnage de la trempe d'Harald Schmid de n'être pas arrivé à la même conclusion que Jean-Claude Perrin. On connait les allemands pour être des adeptes de la méthode "Coué", mais on ne s'improvise pas "africain" du jour au lendemain. Se basant sur son expérience d'athlète, Harald, adepte des footings pied-nu à l'heure de son apogée, incitera les athlètes allemands à jouer cette expérience à fond en respectant scrupuleusement les conditions de l'Antiquité. Du côté francophone, on avait nuancé ce point afin de préserver toutes nos chances de pouvoir concourir après les deux semaines de "captivité" sur le stade mythique d'Olympie. Il ne s'était pas écoulé deux jours avant qu'on signalait les premiers blessés côté allemand. La nature les raisonna, et ils suivirent rapidement l'exemple francophone. Jean-Claude raisonna également l'équipe du tournage en leur précisant que s'ils tenaient à voir des compétitions deux semaines plutard il fallait être très raisonnable. Nous n'abuserons pas de ce "luxe" et les baskets ne seront mises uniquement à l'occasion des longs footings et en dehors du campement pour éviter les anachronismes lors du tournage ainsi que la jalousie mal placée des latins. Ils ne pouvaient se rendre compte car leurs équipes étaient composées principalement de sprinters et de lutteurs. Aucun coureur de fond dans leur rang à l'exception d'un italien. Les footings au abord de la palestre sur la minuscule piste en sable aménagée leur suffisaient. Pour notre part, on se voyait mal effectuer une centaine d'aller retour pour ces entraînements spécifiques. D'autre part il aurait été dommage de se priver de la découverte du paysage. Venir en Grèce et ne rien voir aurait été frustrant. A ce propos, les premiers jours étaient assez intimidants lors de nos footings. Nous croisions régulièrement des paysans travaillant dans leur champ. Imaginez cinq coureurs foulant les sentiers rocailleux des lieux avec pour unique équipement, une paire de baskets et un pagne! Et bien à notre stupéfaction, les gens ne présentaient aucun signe moqueur. Ils étaient mêmes indifférents à notre passage pour notre grand soulagement, à se demander s'ils ne vivaient pas encore dans l'Antiquité...

L'approche des jeux

Les jeux approchaient après 10 jours passés uniquement dans l'enceinte du campement, nous n'étions pas mécontent que l'expérience touche à sa fin. Cela finissait par être long, et la fatigue était là. Il ne faut pas oublier non plus que nous n'avions plus de nouvelle du monde extérieur et la famille commençait à manquer pour chacun d'entre-nous. J'étais le plus vieux de l'équipe francophone. Nous avions même fêté mon 33ème anniversaire dans le campement. Oh, la fête fût très sobre, une torche plantée au milieu de notre pain quotidien en guise de bougie sur le gâteau et un bouquet de fleur cueilli par mes camarades de tente pour cadeau. Cela fût néanmoins un bel anniversaire. Enfin, comme je le disais, nous avions hâte du dénouement final, rien que pour évacuer le stress de la compétition. Chacun la jouait modeste, presque défaitiste, mais intérieurement, chacun voulait secrètement remporter la couronne d'Olivier. Les jeux allaient se dérouler sur 2 jours sur le stade d'Olympie réservé uniquement pour nous et fermé au public. A Paris, on nous disait qu'il y aurait 10'000 figurants dans le stade pour jouer le public. Le stade pouvait à l'époque des jeux antique contenir 50'000 personnes. En conclusion, les 200 personnes présentes n'ont pas eu besoin de se serrer...La population d'Olympie conviée pour les jeux n'ont pas franchement répondu présent. Néanmoins, les plans serrés éviteront de faire ce triste constat sur le petit écran. Le maigre budget de la production (env. 3 mio d'euros) ne permettra pas non plus d'utiliser des images de synthèse et de reconstituer des personnages fictifs, ce n'est pas une production Hollywoodienne! La veille des jeux, une cinquantaine de journalistes venus d'Europe ont été convié pour la promotion de l'émission afin qu'il puisse voir ces "animaux de cirque". Le terme est un peu fort car à vrai dire nous étions content de revoir des visages familiers. La TSR avait dépêché mon attachée de presse avec son photographe, le journaliste du TV Guide ainsi que la responsable des programmes divertissement de la chaîne helvétique. Tout ce petit monde de la presse a été impressionné par nos séances d'entraînement, des décors et de notre état général (odeur, fatigue, blessures etc). Le lendemain, ils allaient assister à l'ouverture des jeux et les premières disciplines après une nuit passée naturellement à l'hôtel.

Les jeux

Le moment le plus émouvant restera l'entrée dans le stade. Les frissons remontaient le long de mon échine, et la chair de poule donnait du relief à ma peau colorée façon "esquimau". De longues heures ont été  consacrées à des prises de vues sur l'entrée dans le stade et la cérémonie d'ouverture des jeux. La première discipline de ces joutes antiques fût le "Stadion" soit une longueur de stade représentant 192m. Naturellement, je n'y participais pas mais jouais le rôle de photographe. Megaphonos toujours aussi humain, nous avait rapporté discrètement dissimulé sous sa toge, 6 appareils photos jetables achetés le matin même afin d'immortaliser nos meilleurs et derniers moments de cette aventure. On se disait que le présent est le présent et que nous n'aurions rien à rapporter comme souvenir au retour dans nos foyers. Tout allait être détruit derrière nous, resterait que nos souvenirs. Jean-Claude était vraiment un homme extraordinaire, et tellement humain. Pour la petite anecdote, un jour, Jean-Claude Perrin s'est ramené dans le campement avec 4 barres de fer d'une longueur de 2 mètres environ chacune et fraîchement peinte à la bombonne. Tout le monde se demandaient qu'est-ce que ce vieux "briscar" a derrière la tête? Il voulait simplement nous dispenser d'un cours de perche devant la palestre. Notre archéologue en était tout retourné voir presque choqué: " Mais que faites-vous Jean-Claude? Il n'y avait pas de la perche dans l'antiquité!..." et de sa grosse voix, Jean-Claude répondit: "Quand on a le plaisir de connaître Jean-Claude Perrin, on ne peut le quitter sans avoir essayé la perche...". Personne ne contestera son désir de nous offrir quelques instants de détente et de plaisir tant son statut et sa carte de visite inspirait le respect. Il avait été entraîneur de l'équipe de France de saut à la perche durant de nombreuses années. Il était capable de mettre dans la tête des plus faibles qu'ils pouvaient être les plus fort et je parle en connaissance de cause. La veille de la première journée des jeux, Jean-Claude qui participait souvent avec le staff de tournage, les archéologues et les autres entraîneurs (chaque pays avait leur propre entraîneur) à des séances d'organisation afin d'apporter ses conseils techniques nous dit: "J'ai vu les boucliers et les casques pour la course en arme, c'est du lourd!" Puis il se tourna vers moi et rajouta: "Ca c'est une course pour toi!". J'étais très surpris qu'il pense que cette discipline soit pour moi car elle se déroulait sur une distance de 400m, adaptée à tous ces sprinters puissants et athlétiques. De toute façon, j'étais venu pour le Dolichos (7 stades soit env. 1500m).

Le jour J

Après avoir vécu une première journée d'épreuve émouvante et impressionnante, j'allais enfin entrer en compétition. J'avais encore à l'image ces premières cérémonies officielles couronnant les premiers champions d'Olympie du 3ème millénaire. Tous les athlètes s'étaient donnés à 200% pour obtenir le sésame tant convoité. Les lutteurs s'étaient livrés jusqu'au sang. Les grecs avaient créé la surprise en plaçant leur athlète le plus "fluet" en final contre l'impressionnant allemand Detlev qui avait évolué dans sa jeunesse dans l'élite nationale et remporté le titre de champion du monde dans la catégorie vétéran (voir photos précédentes, debout sur le banc par dessus son coéquipier lors d'une séance de force). Les journalistes étant rentrés, il ne restait que la population locale pour m'encourager dans ma course. Néanmoins, mes confrères helvétiques m'avait quitté sur ces dernières paroles: "...on compte sur toi pour demain, le pays attend un champion...". Rien de tel pour augmenter encore plus la pression que les allemands avaient coutume de boire, mais moi cette pression-là allait plutôt me déshydrater... 

Caprice de star

Après la victoire d'un allemand sur le 400m ou "Diaulos" (1 aller et retour) et quelques simulations de combat par des acteurs venus du sud de la France afin de démontrer le pancrace et le pugilat (disciplines de combat avec la lutte), s'était au tour du "Dolichos". Mais un incident allait perturber et entacher cette journée qui se devait être la plus belle pour moi. 

Espagnols et Italiens ne voulaient plus courir pied-nu ! Commençait dès lors des pourparlers interminables entre la production et ces latins la jouant « starlette ». J’essayais, ainsi que mes camarades francophones de garder tout mon influx pour la course et de faire abstraction de ces évènements. Voyant que ces « imbéciles » campaient sur leur position et sentant que notre course allait se résumer à une course interne « tente franco », ma déception et ma déconcentration prenaient le dessus. Finalement, au bout de 20 min. de palabre, nous allions enfin pouvoir nous élancer avec 4 coureurs au départ. Dès ce jour, l’ambiance entre tente allait se dégrader et les dernières épreuves allaient prendre la tournure de règlement de compte. Sur excité par ces événements, j’allais prendre un départ trop rapide dans cette course. Le principal favori restait dans ma foulée tandis que les deux autres commençaient déjà à perdre du terrain après 500m de course. Au deux tiers de la course, mon compagnon de tente, Christoph, l’allemand « en prêt », décida d’accélérer brusquement le rythme que je ne pourrai suivre. Dès lors, la messe était dite, j’allais terminer à la seconde place à une cinquantaine de mètre du vainqueur. Pendant que je récupérais et savourais cet instant magique, le vainqueur était emmené par les « Hellanodikai » (commissaire ou arbitre des Jeux) auprès de l’Autel pour le sacrement.

Le lendemain avait lieu la dernière journée des jeux. Je n’étais pas mécontent de savoir qu’après ces dernières compétitions, j’allais retrouver un vrai lit, une vraie douche et tout le confort pour lequel nous n’avons pas conscience dans la vie de tous les jours.

Pentathlon, un goût de revanche

Au programme de cette journée, le pentathlon et la course en arme. Je n’étais prévu à aucune de ces compétitions et mes chances d’obtenir le titre d’ »Olympioniké » était nul. Cependant, l’envie de vivre une dernière fois ces Olympiades était importante. J’allais donc prendre part qu concours du Pentathlon. Deux groupes d’une douzaine d’athlètes aller former les poules. Pour obtenir le titre de champion, il fallait remporter 3 épreuves sur 5. Les premières disciplines étaient le javelot, le disque et ensuite le saut en longueur. Si les deux premiers de chaque poule remportaient les 3 premières épreuves, le concours allait se poursuivre sur l’épreuve du « Stadion » (sprint de 192m). Enfin, s’ils remportaient encore l’épreuve du sprint dans leur poule, ils devaient se départager dans l’épreuve de lutte. Les favoris étaient notre représentant francophone, Guillaume et un espagnol. En embuscade quelques athlètes Allemands qui pouvaient très bien créer la surprise. Une divinité de marque était venu nous encourager dans le stade, le très célèbre Eole, dieu du vent. Le concours du javelot allait presque tourner en une loterie à numéro. Néanmoins, les deux favoris remportaient la première épreuve. Moins sujet au vent, le concours du disque allait être également remportés par les mêmes athlètes.

Par Olivier Marchon - Publié dans : lifeisrun
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Mercredi 30 août 2006 3 30 /08 /Août /2006 23:39

J'aborderai le chapitre avec un petit paragraphe sur une expérience faite dans l'arbitrage entre 1999 et 2002. Je ne sais pas vraiment pourquoi je me suis lancé dans cette activité mais néanmoins elle fût très riche. Alors que je travaillais en gare de La Plaine, mon collègue, suppléant du chef de gare et connu jusque dans les recoins les plus profond de la suisse romande pour son fanatisme lié au déchu FC Lausanne-Sports me proposa de faire de l'arbitrage. Plus connu sous le nom de "Dudu", ce collègue très sympathique était également très actif au sein du club local, le FC Donzelle. Il en était même le secrétaire. Les clubs ayant le devoir de fournir des arbitres sous peine de payer des contributions élevées, il pensa tout naturellement à moi pour mon physique de coureur, ne restait qu'à expirer dans un sifflet. J'acceptais de relever le défi d'autant plus qu'il formait pour la première fois au sein de l'ACGF, un pool d'arbitres talents sous la conduite de l'ancien arbitre international, Claude Détruche. Ce fût une riche expérience et mon nom allait à nouveau se propager rapidement au sein de la communauté arbitrale grâce à la course à pied. En effet, les arbitres capables d'effectuer 4000m en 12 min. cela ne courait pas les terrains... Pour la petite anecdote, la limite demandée est de 2300m pour un arbitre officiant en "Super Ligue".

J'officierai en 3ème ligue comme arbitre et quelques apparitions en 2 ème ligue régionale comme arbitre assistant. Mais comme toute chose, si vous voulez aller loin, il faut vous investir à 100%, chose que je ne pouvais assurer. Les matchs se déroulant principalement le week-end, il m'était difficile de concilier l'arbitrage et mon travail au CFF pour lequel je devais également concéder quelques week-end par mois. D'autres part, la compétition de course à pied était toujours aussi présente en moi, il n'était nullement question de mettre une croix sur cette passion. Finalement, le sentiment de n'être pas toujours "sûr" dans les décisions arbitrales par manque de match mélanger à l'esprit préhistorique de certain joueur de foot ont fait que j'ai préféré mettre un terme à cette occupation. 

Le Stella Alpina

En 2000, je rejoignais l'équipe du Stella Alpina, club de ski nordique de mon enfance. Mais cette fois-ci, c'était tout d'abord pour donner un coup de main au club dans l'organisation du Stellathlon, (duathlon course - vélo - course). Le club ayant repris le Triathlon de Versoix quelques années plutôt, il avait bifurqué pour des raisons logistiques sur un Duathlon. Je me suis chargé de l'organisation du parc de transit et j'y apportai mon lot d'innovations. J'ai également donné un coup de main à l'entraîneur du moment pour l'encadrement des jeunes skieurs.

Bien que je n’en avais pas expressément le temps, j'estimais qu'il fallait également savoir aussi donner de son temps pour les jeunes, histoire de rendre l'appareil au club qui avait su également investir de son temps pour moi dans ma jeunesse. Si on ne le fait pas, les anciens partent, la relève n'est plus assurée et le club disparaît, c'est pas plus compliqué que ça Et puis, j'y ai retrouvé mes amis skieurs d'enfance, ceux qui composaient en partie l'équipe de relais...dès lors, les jeunes d'antan avions repris le témoin.

Mon ami Bertrand ayant assuré durant quelques années la vice-présidence du club, allait reprendre les rennes du Stella durant la saison 2003-2004 au côté de tout ces "anciens" dont j'en faisais partie. 

J'allais également prêter main forte pour reconstituer une relève digne du Stella au côté de Patrick, Jean, Gabriel à l'inoxydable Richard le fondateur du club pour dispenser les nombreux entraînements programmés pour nos jeunes sociétaires. Malheureusement l'accouchement de cette nouvelle composition en parfaite symbiose a été douloureux. Le passage de témoin s'est révélé délicat pour des raisons relationnelles avec l'ancien dirigeant du club. 

Les différentes organisations avec le Stella Alpina

Avant de retrouver le comité actuel dans lequel j'ai énormément de plaisir à investir de mon temps, j'avais rejoins le club encore sous l'ancienne direction. Le club avait perdu de sa "superbe" et il survivait grâce à des amis fidèles. La section compétition était composée de 5 jeunes dont deux qui ne venaient uniquement l'hiver. Il n'était pas rare de dispenser des entraînements avec 1 seul jeune présent. Malgré tout, le club ou du moins le président en fonction et moi-même étions très actif dans l'organisation d'évènements sportifs. En 2001 et 2002, j'organisais au côté de José, l'entraîneur - président du Stella à ce moment là, avec la collaboration du Ski Club Orient-Sentier (en 2002), une manche de la Swisscom-Cup de ski de fond au Marchairuz.

Suite à ces organisations de course de ski de fond qui ont été difficiles par l'éloignement du site par rapport à notre ville ainsi que la somme de travail que cela comportait, nous avions décidé de faire une année sabbatique dans l'organisation du Stellathlon qui se déroulait en mai. Mais en fin d'année 2002, le comité s'est décidé d'arrêter définitivement l'organisation de ce duathlon. La décision a été prise après l'analyse de différents paramètres comme la fréquentation de la course qui plafonnait à environ 150 coureurs depuis de nombreuses années avec tout les soucis de sécurité engendrés par le parcours vélo. 

La RER, un accouchement difficile

Le club ayant toujours eu une organisation de manifestation à son actif, comme la course du Stella Alpina dans les années 80 et qui réunissait un plateau international, nous avions décidé de trouver une autre manifestation à organiser. Il ne faut pas se leurrer, c'est également une source de revenu primordiale pour le club. C'est alors que la RER est née. Ma passion pour la course à pied d'abord, l'envie de partager mes magnifiques parcours d'entraînement qui en feront la réputation de la course ensuite et pour finir, histoire de découvrir un autre volet de ma passion, celle d'organisateur de course. De plus, la course à pied ayant le vent en poupe ces dernières années contrairement au duathlon, il était plus judicieux d'opter pour cette discipline dans l'optique de rencontrer un éventuel succès populaire. Mais la première édition sera difficile et des changements importants vont s'opérer au sein du club.

Je m'étais engagé dans cette aventure au côté de mon ami José, président du Stella et par conséquent de la première édition de la RER. Seulement j'allais me retrouver pendant 8 mois, seul à bord du bateau, sans nouvelle de lui pour des raisons privées. La passivité de mon compagnon d'aventure le jour de course et qui n'avait naturellement plus le fil de l'organisation suite à son absence dans les mois les plus actifs de l'organisation n'allait pas m'aider dans le lancement de cette première édition. Mais à mon grand étonnement et en dépis des quelques "couacs" inévitable lors d'un lancement, l'édition fût un succès. Les nombreux mails de gentillesse et d'encouragement des coureurs ont pesé lourd dans la décision de repartir pour une seconde édition.

Un an plus tard, le Stella Alpina se séparait de son président-entraîneur et par conséquent de son président de la course RER pour des raisons qui dépassaient nettement le cadre d'un conflit d'organisateur. Je ne vivrai pas les meilleures moments d'organisateur durant cette période, mais ils feront partie des expériences de la vie. Contrairement à mon partenaire, l'importance d'occuper le devant de la scène m'indiffère complètement. Sachant qu'à ce moment là, il n'était plus fédérateur, je craignais à juste titre pour la pérennité de cette course prometteuse qui nécessite la collaboration d'une centaine de bénévoles. Mais suite au succès et au plaisir que cette course avait procuré aux 350 participants, je tenais absolument à ce qu'une 2ème édition voit le jour. Cela sera chose faite, et après un accouchement difficile lors de la première édition, la RER trouvera son rythme de croisée et l'augmentation régulière de la participation. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 4 éditions, il est tant pour moi de trouver un repreneur afin d'assurer la continuité de cette course. Elle m'a permis de rencontrer des gens extraordinaires d'ouvrir un autre volet de ma passion. J'espère trouver une équipe dynamique et aussi motivée que je l'ai été afin que cette course évolue encore. Je pense même que du sang neuf ne peut qu'apporter du positif à cette organisation. Je resterai sans doute encore à disposition des nouveaux organisateurs s'ils le désirent afin de donner un coup de main. Cependant, je n'aurai bientôt plus le temps pour être encore la locomotive de ce lourd convoi de bipède reliant Genève à Dardagny par les sentiers du Rhône car des projets m'attendent dans le courant de l'année 2008.

Par Olivier Marchon - Publié dans : lifeisrun
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Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /Août /2006 21:24

Durant l'automne 1994, je participais à l'occasion de la course pédestre "La TransOnnésienne" à mon come-back dans la discipline de mes débuts. Cependant, pas une ligne dans les canards du coin sur cet évènement majeur....

Plaisanterie à part, je ressentais une émotion très particulière, un mélange de nostalgie, de surprise et même un peu de désillusion. Il y avait ce surprenant constat de revoir des concurrents de mon père qui avaient régressé alors que certains de mes anciens adversaires avaient tellement progressé qu'ils en étaient même devenus des favoris dans les courses.

Avions-nous autant progressé ? Je crois qu'ils avaient tout simplement vieilli, et je me rendais compte à cet instant que nous aussi on avait grandi. Ces hommes que nous considérions comme des "Dieux" tant leurs performances nous paraissaient impossible à atteindre n'étaient finalement que des hommes, ni plus ni moins.

L'émotion passée, l'instant présent réalisé, mon instinct de compétiteur allait s'éveiller et me donner à nouveau cette envie de m'entraîner dur et de retrouver ma place au sein du peloton genevois, mais le chemin allait être long...La facilité de l'enfance n'était plus au rendez-vous, je ne devais dès lors, plus que compter sur mon travail assidu pour combler la différence de niveau.

Durant la première saison, j'allais me battre pour le premier tiers du classement.  Puis, au fil des courses, mon but était de m'approcher des adversaires me précédent dans les derniers classements jusqu'à m'approcher du podium. Cette envie, je l'atteindrai en 1995, dix mois après ma reprise, lors de la course du Mandement sur l'ancien parcours des 12 kms. Je bénéficiais certes d'un manque de concurrence mais néanmoins, elle me donna encore plus de motivation à l'entraînement.

Mais ne pensez pas que nous trouvons notre plaisir qu'au travers d'un podium.  Je pense qu'à ce titre, chacun de nous, peu importe le niveau, ressent un plaisir énorme lorsqu'il atteint ses objectifs. Pour ma part, la compétition est nécessaire pour me motiver à effectuer mes 6 à 10 séances hebdomadaires, surtout lorsque les conditions météorologiques sont difficiles. Se sentir en forme et être celui qui souffre le moins durant la course vous procure une sensation d'euphorie qu'il faut parfois maîtriser au lendemain d'une bonne performance glaner dans une course. Si on n'y prend pas attention, on peut vite se retrouver à effectuer une seconde compétition à l'entraînement (effet de surcompensation). Je suis persuadé que ce plaisir est identique pour des coureurs aux performances plus modestes. Pourquoi en serait-il différent, même si l'objectif n'est pas le même? Il y a d'innombrables raisons de faire de la compétition comme améliorer son meilleur temps, battre son voisin ou tout simplement terminer une compétition. Que doit penser Kenenissa Bekele de mes performances...pourtant j'ai autant de satisfaction que lui j'en suis persuadé.

Le frangin

Je ne pourrai pas aborder ce chapitre sans parler de mon frère qui marquera également cette période de ma vie. Tout d'abord, pour vous situer le personnage, je dirai que mon frère a,  contrairement à moi, bénéficié d'un don de coureur. Durant ma période "Bjorn Dahlie", mon frère continuait son petit bonhomme de chemin dans la course à pied, toujours dans les traces de mon père. Alors que ma maman avait arrêté depuis belle lurette la compétition qu'elle n'avait pas dans le sang soit dit en passant, mon frère allait remporté de nombreuses victoires en catégorie junior et pas des moindre. Troisième du Championnat Suisse de semi marathon, il allait prendre sa revanche sur le champion en titre à Morat-Fribourg, où il remportait l'une de ces plus belles victoires. L'escalade fera également partie de son tableau de chasse comme la coupe d'Europe des courses de montagnes. Un palmarès alléchant et prometteur.

En 1994, lors de mon retour à la course à pied, mon petit frère était devenu mon "Grand frère". Il était devenu la locomotive de la famille au niveau performance sportive. Mais au printemps 1995, tout allait basculer. La lutte pour la suprématie familiale battait son plein, et j'allais même remporter une première bataille psychologique en m'approchant très sérieusement de lui à l'occasion de la course Aubonne-Signal-de-Bougy. Mais une semaine plus tard, le coup de grâce était donné, je battais mon frère de 25 secondes lors des 20 kms de Lausanne, il était redevenu mon petit frère. Mais mon plaisir fût de courte durée. Alors que j'affichais le baromètre de la motivation au maximum, mon frère quant à lui était au antipode du mien...Malheureusement, quand les jambes ne suivent pas, la tête est ailleurs. L'envie n'y était plus, son désir d'arrêter la course à pied était ancré depuis quelques mois déjà. Les 20 kms furent sa dernière course à mon grand chagrin. Je pensais que mon père allait être très fâché. Déçu, il l'a sûrement été, mais il ne l'a ni sermonné, ni fait la morale. Je dirai qu'il l'a plutôt bien pris, nettement mieux que moi d'ailleurs!

Pour ma part, j'avais le sentiment que tout s'écroulait autour de moi. Cette cohésion familiale qui durait depuis de nombreuses années s'envolait. Moi qui étais si fière des performances de mon frère, j'étais abattu par sa décision, quel gâchis! Mon père avait une autre conception du sport: le faire pour le plaisir et pour la santé. Il était même d'avis que le sport n'était pas fait pour en vivre mais pour l'équilibre de la vie tout simplement. J'admire mon père pour son côté humble, ses idées claires et sa philosophie. En fait, sa seule crainte était la peur que mon frère tourne mal à cause de l'arrêt du sport, mais il n’en fût aucunement question et cela lui suffisait amplement pour lui donner son entière bénédiction.

Je marche seul...

Dès lors, j'allais continué mon petit bonhomme de chemin et m'entraîner pour la plupart du temps seul à cause de mes horaires irréguliers. Je motiverai quelques collègues cheminots lorsque mon domicile se trouvait à La Plaine (GE) dans une coopérative pour les agents des CFF. Les entraînements à plusieurs sont tout de même plus motivants. Et puis l'un d'entre-eux fera même des performances très honorables comme un temps de 1h14' au 20 km de Lausanne. Mon père quant à lui continuera la course à pied jusqu'à 2003 environ avant de se consacrer plus qu'à des sorties de vélo pour raison de blessures récurrentes. Dès cet instant, je serai le dernier des "Mohicans" à courir mais motivation sans limite mêlée au constat de progression d'année en année me verront atteindre mon meilleur niveau en 2003.

Une période en grâce

J'obtiendrai un 20ème rang à la course de Morat-Fribourg dans un temps de 58'12'' après près de 8 ans de tentative pour descendre sous l'heure. Durant cet automne de grâce, je battrai à chaque fois "l'indétrônable" Antonio Campos, bête noire du peloton genevois. Ces performances me permettront d'être invité dans quelques courses de niveau national tel que la course de l'Escalade et la Corrida Bulloise avec même un dossard portant mon nom.

Ce détail vous donnera des ailes et l'impression d'être quelques instants un grand champion jusqu'au coup de pistolet... J'obtiendrai pour les puristes mon meilleur chrono à la course de l'Escalade de l'année 2001 dans le temps de 22'46''. Mais ce chrono aurait sans doute été battu en 2003 si la course n'avait précédé deux semaines de vacances passées au Vietnam et en Malaisie. Malgré un entraînement au ralenti durant cette période je n'échouerai qu'à deux petites secondes de mon record dans cette course.

Le parcours est si long pour arriver à un niveau optimal qu'il vous apprend à apprécier chaque seconde du plaisir procurer par une bonne performance. Je connais des éternels insatisfaits, qui n'ont jamais apprécié leurs résultats souvent en pensant qu'ils valaient mieux. Il s'avérait finalement que c'était leur meilleure niveau. Quand les années passent, les blessures interviennent ou simplement le niveau physique baisse, il est trop tard pour jouir des meilleurs instants du passé. Il est important de vivre à fond l'instant présent.

Le Défi Inter entreprise

 

 

Dans le registre des opportunités, j'ai pu au sein de l'entreprise prendre part aux deux seules éditions du Défi Inter entreprises que les CFF ont participé. Par le pur des hasards, un personnage important de la gare de Fribourg dans laquelle j'effectuais mon stage d'une année et demi dans le cadre de mon apprentissage, me demanda si j'avais vu l'article dans le journal de l'entreprise concernant cette manifestation. Il me dit que cela devait être quelque chose pour moi car on devait effectuer sur 3 jours de nombreuses épreuves comme du tir à l'arc, du canoë, de la course, du VTT, du vélo course, de la course d'orientation etc...

Et effectivement, je me suis présenté aux épreuves grâce à lui. Le défi des entreprises m'a permis de rencontrer des collègues travaillant dans les quatre coins de la Suisse Romande. La sélection s'adressait à tous les cheminots romands et avait lieu à chaque fois sur les hauteurs de la Riviera, situation la plus centrée géographiquement. Au programme, tir à l'arc, course d'orientation, course à pied et VTT, des épreuves de base que nous allions retrouver lors des compétitions. Je remporterai les deux fois cette sélection et me joindrai au groupe des six compétiteurs qui devaient représenter les CFF à Château-d'Oex en août 1995 et à Ste-Croix en 1996. Le côté sympa de cette expérience était la préparation. Nous organisions tour à tour un week-end d'entraînement dans la région de l'organisateur. Cela nous permettait de découvrir une nouvelle région et d'apprendre à nous connaître. La gazette de l'entreprise "Le courrier CFF" allait relater dans chaque numéro l'avancement de notre préparation. De nombreux cheminots suivront notre épopée avec intérêt et nous en mesurons encore l'impact aujourd'hui. Malgré cette bonne ambiance, il y avait une concurrence interne car seul cinq sélectionnés prenaient part aux compétitions, le sixième et plus faible assurant le rôle de coach. Pour la première édition, il n'y avait pas eu réellement de difficulté à trouver le "maillon faible". Ce dernier ayant annoncé rapidement au reste de l'équipe qu'au vu de ses performances, il assurait le rôle de coach. Cependant, il n'en fût rien, le "hamac" ne lui fût pas promis puisque un de l'équipe avait dû quelques mois avant les compétitions subir une intervention chirugical pour une hernie discale. Par contre, pour la seconde participation des CFF, la lutte fût sans merci. Des compétitions à chaque entraînement. Puis finalement, lorsque nous avions pris connaissance du programme définitif des compétitions, nous avons dû opérer par une sélection stratégique en fonction des forces et faiblesses de chacun. Nous avions opté dans le choix de sacrifier un bon coureur pour un cycliste moins faible. Contrairement au cyclisme, un coureur très fort n'apporte pas grand chose aux coureurs plus faibles. L'effet d'aspiration étant si insignifiant qu'il valait mieux garder de bon rouleur afin de tirer les autres partenaires dans les contre-la-montre par équipe. Toute les disciplines se déroulaient en équipe de quatre coureurs. Le cinquième jouait le rôle de remplaçant et pouvait être incoporé à la place d'un autre au début d'une nouvelle épreuve. Après l'excellent et néanmoins inattendu résultat de 1995, les dirigeants des CFF impliqués dans cette compétition ne savaient pas trop quelle position adopté après le choix de l'équipe d'évincer l'un des trois rescapés de l'édition précédente qui soit dit en passant n'acceptais pas du tout son sort. Après la nostalgie, le directeur du premier arrondissement accepta le choix de l'équipe car son objectif était clair, gagner comme l'année précédente, histoire de ne pas passer pour un directeur moins compétant que son prédécesseur... Nous avions naturellement énormément de pression d'autant plus que nous nous étions avancés en présentant l'équipe la plus à même de remporter la compétition. Résultat des courses, nous remporterons en 1996 pour la seconde fois le défi des entreprises avec les CFF. Une expérience inoubliable qui a valu le poster de toute l'équipe affiché dans le réfectoire de la gare de Lausanne depuis 1996 jusqu'à ce jour avec le slogan:  "une entreprise qui gagne" et une reconnaissance de nombreux cheminots romands.

De gauche à droite: Philippe Gaudron (directeur du 1er arrondissement en 1996), Francis, Patrice, François, Moi-même, Jean-Paul, Pierre-Alain Urech (directeur général des CFF en 1996), Eric notre coordinateur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Olivier Marchon - Publié dans : lifeisrun
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Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /Août /2006 21:19

1986 sera certainement l'année du changement. Après 8 ans passés dans la foulée de mon père, je me suis lancé dans le ski de fond.

Le CHP, club d'athlétisme de mes débuts possédait un membre qui avait lancé le ski de fond à Genève. Richard de son prénom avec 5 autres copains italiens avait fondé en 1975, le club de ski de fond du Stella Alpina Genève. Ce club orienté vers la compétition, allait par la passion de Richard faire parler de lui au niveau Romand et même Suisse par ces performances étonnantes pour un club citadin.

Richard allait promouvoir cette discipline auprès des enfants de tout horizon dont ceux du CHP afin de constituer un groupe sportif important pour la pérennité du club nordique.

Après avoir durant plusieurs années participé au camp d'entraînement de Noël avec les skieurs de fond, j'allais rejoindre le Stella Alpina pour une occupation sportive entièrement consacrée à la discipline du ski de fond. Un choix certainement lié au fait de vouloir volontairement m'éloigner de mon père durant la période délicate de l'adolescence.
Certains enfants arrêtent complètement le sport durant ce passage intermédiaire de la vie d'enfant à celui de jeune adulte. Pour ma part, j'ai eu la chance de trouver finalement au sein de ce club un idéal. Ce furent certainement les plus belles années de sportif car j'y ai rencontré des jeunes du même âge avec lesquelles j'ai partagé durant 6 ans, 6 à 7 entraînements par semaine et quasiment la totalité de mes vacances. Une proximité aussi intense a fait qu'aujourd'hui j'y retrouve mes plus proches amis avec lesquels, j'ai sillonné les quatre coins du pays lors des déplacements dans les diverses courses comptant pour la coupe suisse. Je pourrais même affirmer que le Stella était comme une deuxième famille.

 

 

Au plan sportif, j'étais sans aucun doute moins à l'aise qu'à pied. La moisson de podium fût nettement moins riche. HOrmis quelques titres au niveau Romand en relais grâce à une homogénéité du groupe, je n'obtiendrai qu'une sélection dans les cadres romands durant 3 saisons avec une médaille de bronze lors des championnats romands individuels en junior.  Dans le préambule, je vous parlais que le sport peut vous offrir des opportunités. Au niveau de l'entreprise, le ski de fond m'a beaucoup apporté. En effet, dès mon entrée au CFF (Chemin de fer Suisse) j'ai été contacté par le responsable de la section ski de fond du club sportif cheminot Lausanne (CSCL). Alors que je débutais mon apprentissage à la gare de La Plaine dans le canton de Genève, tel ne fût pas ma surprise d'être contacté par un personnage que je ne connaissais pas. Comment savait-il que j'étais sportif, que je pratiquais du ski de fond? Et bien ce Monsieur qui se prénommait Jean-Paul n'était autre que le premier entraîneur de mes amis de club du Stella Alpina lorsqu'ils skiaient encore dans la région de Nyon. Je n'ai pas regretté son appel car il m'a permis de premièrement me faire connaître au sein de l'entreprise, d'obtenir 3 titres de champion suisse cheminot en junior, 2 titres en élite et 2 participations au championnat d'Europe cheminot en 1994 à Leukerbad et en 1998 en Tchéquie. Dès lors, avant même que je prenais fonction dans une nouvelle gare, les gens qui y travaillaient me connaissaient déjà.

De plus, je suis sûr que le ski de fond m'a apporté beaucoup pour la course à pied comme la puissance nécessaire pour les emballages finaux dans les fins de course et m'a sans doute préservé des blessures. Après 8 ans de compétition, je retournais à 23 ans à mes premiers amours, la course à pied.

En haut à gauche, camp d'entraînement avec les cadres romands à Lillehammer (NOR) en 1993

En bas à droite, les trois membres du CHP avec de gauche à droite mon frère Christophe, moi et Cédric qui s'initieront au ski de fond sous l'aile de Richard

 

 

Par Olivier Marchon - Publié dans : lifeisrun
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Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /Août /2006 21:11

Ma vie de sportif a commencé très banalement par le sport le plus populaire de la planète, le football. Mes premières foulées de coureur à pied allaient néanmoins débuter simultanément. Les mauvaises langues diront que j'ai appris à courir avant de marcher.
Ma carrière de footballeur a été finalement assez courte puisque je n'y ai joué que 5 ans au FC St-Jean. Mais ce qui a marqué les esprits de mes coéquipiers et formateurs est sans doute que j'étais un des rares joueurs dont le poste n'était pas franchement bien défini puisque mon endurance me permettait de quadriller les limites du terrain sans jamais me fatiguer.

Après un an d'entraînement, mon père m'inscrivait à ma première course, le cross de Chancy. Le début d'une très longue série de victoires et de podiums. Ne voyez pas en cela un manque de modestie, mais plutôt la volonté de relever le fait que ce n'est pas parce que votre enfant gagne des compétitions que cela fera de lui un futur champion. Mais il y a encore plus grave, la tendance de certain parent à vouloir faire la compétition au travers de leur progéniture en les poussant à s'entraîner encore plus. Je pense que si cela avait été mon cas, je n'aurai pu, aujourd'hui, vous relater mes expériences sportives, la démotivation aurait pris le dessus.

Mon départ prématuré du petit monde du ballon rond était surtout le voeux de mon père, qui au delà qu'il avait très certainement remarqué avant moi mes qualités limitées pour y faire une bonne carrière, la peur que je réitère sa mauvaise expérience footballistique en était la principale cause. En effet, victime d'un mauvais coup de pied qui allait l'handicaper dans la pratique sportive, son instinct protecteur l'a poussé à orienter l'avenir sportif de son rejeton dans un domaine plus sain.

Dès lors mon destin était voué à sa volonté de me faire prendre une route totalement différente que celle qu'il avait connu. Durant sa jeunesse, son terrain d'entraînement était situé plus souvent dans les bistrots qu'en pleine air. Fumeur, buveur, joueur de carte et de tiercé invertébré, rien ne laissait présager qu'à 33 ans, mon papa allait opérer un changement radical dans sa vie extraprofessionnelle. Le résultat d'une rencontre avec le père d'un de mes camarades de football du FC St-Jean, fou de course à pied, qui lui fit la proposition de faire de la course à pied et de relever le défi de l'accompagner à Morat-Fribourg, course mythique à cette époque. Il enchaînera avec le Marathon de New-York en novembre 1979, qu'il terminera malgré son statut de fumeur, en 3h11' après avoir mis 15 minutes à franchir la ligne de départ suite au succès populaire sans précédent que possède cette compétition et l'inexistence de la puce électronique à l'époque.

Les raisons évoquées ci-dessus mêlées à une remise en question sur les bienfaits de l'alcool et le tabac sur la santé et la vie familiale, le cocktail idéal pour du changement. Le sauce était prise, une passion était née, entraînant tout sur son passage, femme, enfants, congés et vacances, tout allait gravité autour de la course à pied. Ma mère et mon frère 4 ans plus jeune que moi n’allaient pas échapper au tourbillon de la ferveur sans limite du paternel pour cette discipline. Cette vie familiale pour le moins original pour l'époque n'échappa pas au défunt M. Chappattes, journaliste à la Tribune de Genève qui y consacra un article en 1983.Durant les vacances, se sont les cabanes de montagne du Valais qui nous servaient de terrain de jeux d'où mon amour pour les espaces presque vierge, la montagne et ces paysages somptueux.  

 

 En haut à gauche, photos de famille en compagnie de mon frère et mon père lors du cross des Bois de Chancy en 1980. Course aujourd'hui disparue, elle fut la première compétition de ma vie. Nous arborons fièrement les tee-shirts rapportés quelques mois plutôt du Marathon de New-York par notre papa.

Au milieu à droite, lors des championnats genevois de cross ou je suis emmené par un certain Pierre Morath qui court dans la catégorie d'âge supérieur.

En bas à gauche, manchette de la Tribune de Genève du week-end de l'Escalade de l'année 1983.

 

 

 

 

 

 

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